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Vue aérienne d'une ville et d'une banlieue riche en Afrique du SudVue aérienne d'une ville et d'une banlieue riche en Afrique du Sud © Depositphotos
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L’Afrique, continent des contrastes et des possibles, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un combat décisif : celui contre la montée vertigineuse des inégalités. À l’approche du sommet du G20 des 22 et 23 novembre 2025 à Johannesburg, le premier jamais présidé par un pays africain, le message est clair : la planète croule sous une injustice économique qui mine la démocratie et alimente la colère des peuples.

Le nouveau rapport mené par le prix Nobel Joseph Stiglitz dresse un constat glaçant : un habitant sur quatre dans le monde saute désormais un repas, tandis que les milliardaires battent des records de fortune. Entre 2000 et 2024, les 1 % les plus riches ont accaparé 41 % des nouvelles richesses mondiales, quand les 50 % les plus pauvres n’en ont reçu qu’un maigre 1 %. Ce déséquilibre n’est plus une simple question de revenus : c’est une fracture politique, sociale et morale.

Pour l’Afrique, cette fracture prend une dimension particulière. Le continent, pourtant riche de ressources, de créativité et d’une jeunesse bouillonnante, reste enfermé dans un système économique mondial qui le pénalise. L’Afrique du Sud, hôte du sommet et vitrine du continent, illustre ce paradoxe avec brutalité : selon la Banque mondiale, elle est aujourd’hui le pays le plus inégalitaire du monde. Dans ce géant économique, les tours de verre de Sandton dominent les bidonvilles de Soweto, symbole d’une prospérité captée par une minorité.

Le rapport Stiglitz, commandé par le président Cyril Ramaphosa, trace pourtant une voie possible : instaurer une véritable justice fiscale, taxer équitablement les multinationales, restructurer la dette des pays africains et mettre fin aux monopoles qui étouffent l’innovation. Autant de leviers qui pourraient rebattre les cartes d’un jeu mondial faussé depuis trop longtemps.

Mais le G20 de Johannesburg ne doit pas être un sommet de plus ponctué de promesses vides. Il doit marquer une rupture. L’Afrique ne réclame pas la charité, elle exige la justice. Car à l’heure où la faim progresse plus vite que la croissance, se taire revient à devenir complice.

Les 22 et 23 novembre, à Johannesburg, les dirigeants du monde auront un choix à faire : défendre les privilèges d’une minorité ou redonner sens au mot équité. Ce jour-là, l’histoire ne retiendra pas leurs discours, mais leur courage.

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