En Afrique, la taxation du mobile money devrait exonérer les plus petites transactions

Temps de lecture :
Télécoms : forte progression des abonnements au 1er trimestre 2025Illustration ©DR
A A A A A

Selon un rapport de l’Institute of Development Studies, rattaché à l’Université du Sussex, la taxation des services financiers numériques, notamment le mobile money, en Afrique, impacte négativement les ménages les plus pauvres. Intitulé «Taxing Mobile Money in Africa: Risk and Reward», le rapport indique que bien que la taxation de ces services puisse apporter des recettes fiscales, ses conséquences sur les ménages les plus pauvres doivent être soigneusement gérés.

Les services financiers numériques, dont le mobile money, ont connu un succès considérable en Afrique en raison de leur accessibilité et de leur coût inférieur par rapport aux services financiers traditionnels. Les gouvernements encouragent leur adoption pour stimuler le développement économique, accroître l’inclusion financière et améliorer l’efficacité administrative. Actuellement, 15 pays africains imposent des taxes sur les services de mobile money, avec des systèmes de taxation variés allant de la valeur des transactions aux frais facturés par les fournisseurs de services : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, la RDC, le Tchad, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, le Nigeria, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

Lire aussi : Fiscalité : l’Afrique doit prendre son destin en main

Malgré ces recettes fiscales, souvent modestes (environ 1% des recettes fiscales totales), la taxation a des effets variables. En Ouganda, par exemple, la taxe sur le mobile money, instaurée en 2018, a généré près de 50 millions de dollars pour l’exercice budgétaire 2022/2023. Cependant, au Zimbabwe, cette taxe représentait 9,3% des recettes fiscales totales en 2022. Les données montrent que les effets de la taxation sur la croissance du marché du mobile money sont généralement limités à moyen et long terme. Le marché tend à revenir rapidement aux niveaux de transaction antérieurs après l’instauration des taxes.

Au Ghana, l’introduction d’une taxe électronique de 1,5% en mai 2022 a entraîné une baisse initiale de l’utilisation des services de mobile money, mais le marché a rapidement rebondi. Les ménages les plus pauvres, cependant, sont particulièrement affectés par les augmentations de frais, rendant ces services potentiellement inaccessibles pour eux. Le rapport recommande d’exempter les petites transactions de la taxation et d’envisager des mesures de partage des frais avec les opérateurs, comme le fait le Ghana, pour minimiser les impacts négatifs sur les ménages à faible revenu.

Recommandé pour vous

Tunisie : appel à des avantages fiscaux pour le paiement électronique

En Tunisie, Sofiène Ouermi propose des incitations fiscales pour le paiement électronique. Une piste clé pour réduire l’usage du cash.

Le budget éthiopien 2026/2027 grimpe à 14,5 milliards de dollars

Le budget éthiopien atteint 14,5 milliards de dollars pour 2026/2027. Une hausse marquée à suivre dans une économie encore sous pression.

Rwanda : 35,7 millions de dollars débloqués par le FMI

Le FMI a accordé au Rwanda un premier décaissement de 35,7 millions de dollars dans le cadre d’un programme de 250 millions destiné à soutenir l’économie et les réformes.

Tunisie : le e-commerce peine à s’imposer

En Tunisie, le commerce en ligne ne séduit que 8,7% des consommateurs. Découvrez les freins qui ralentissent encore ce marché numérique.

Côte d’Ivoire : une croissance moyenne de 6,8% visée d’ici 2029

La Côte d’Ivoire anticipe une croissance moyenne de 6,8 % entre 2027 et 2029, portée par les recettes internes, l’investissement public et une dette jugée soutenable.

Or africain : Pékin retarde l’acquisition d’Allied Gold par Zijin Mining

Pékin reporte au 29 juillet le rachat d’Allied Gold par Zijin Mining suite à des doutes sur la prime payée et les risques au Mali, où se situe la moitié de la production visée.
pub