Diamants : les droits de douane américains sur l’Inde fragilisent l’économie du Botswana

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Paris : un diamant d’une valeur de 45 millions d’euros voléImage d'illustration d'un diamant © DR
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Deuxième producteur mondial de diamants, le Botswana fait face à un nouveau choc externe dans un contexte déjà marqué par la chute de la demande et des prix. Les droits de douane imposés par Donald Trump, notamment ceux visant l’Inde, principal centre mondial de taille et de polissage, pourraient accentuer les difficultés de toute la filière.

Si Gaborone s’inquiète des droits de douane de 15% appliqués à ses exportations vers les Etats-Unis, c’est surtout la surtaxe de 50% imposée à l’Inde depuis août 2025 qui alarme les autorités. Dans un document budgétaire récent, le ministère botswanais des Finances estime que ces mesures risquent d’aggraver la crise du secteur diamantifère, pilier des exportations et moteur clé de l’économie nationale.

Botswana : au pays du «miracle»

Les Etats-Unis représentent environ 55% de la demande mondiale de diamants, tandis que l’Inde assure près de 41% de l’approvisionnement de ce marché. Bien que le Botswana ne compte que pour 2,5% des importations américaines, ses diamants transitent majoritairement par l’Inde, où sont polis près de 90% des diamants extraits dans le monde.

Industrie du diamant : effets en chaîne et pressions sur les finances publiques

Selon les autorités botswanaises, l’augmentation des droits de douane américains pourrait provoquer une réaction en chaîne dans une industrie déjà affaiblie par la concurrence croissante des diamants synthétiques et le ralentissement des ventes. La production nationale a reculé de 3,2% sur les neuf premiers mois de 2025, après une chute de 28% en 2024, tandis que les ventes ont diminué de 13,2% au premier semestre 2025.

A fin décembre 2025, les stocks de diamants ont atteint 12 millions de carats, soit près du double du seuil habituellement autorisé. De Beers, principal producteur du pays, privilégie la rétention des volumes en période de crise afin de préserver les prix. Une situation qui pourrait retarder toute reprise de la production.

Dans ce contexte, l’économie botswanaise devrait se contracter pour la deuxième année consécutive en 2025 (-3%), avec des revenus miniers attendus à 10,3 milliards de pulas pour l’exercice 2025/26, bien en deçà de la moyenne historique. Cette baisse pèsera sur les recettes fiscales et limitera la capacité de l’Etat à soutenir les secteurs non miniers.

Face à des perspectives incertaines, malgré d’éventuelles négociations entre Washington et New Delhi, le Botswana mise sur la diversification économique, notamment à travers l’exploitation d’autres ressources minières comme le cuivre, ainsi que sur de nouveaux programmes visant à mobiliser des recettes internes et à soutenir les réformes structurelles.

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