Cameroun : la contestation enfle autour du code électoral

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Cameroun : la contestation enfle autour du code électoralUn membre de la commission électorale camerounaise ouvre une urne avant le dépouillement des votes lors de l’élection présidentielle, à Yaoundé, le 12 octobre 2025 © DANIEL BELOUMOU OLOMO / AFP
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Au Cameroun, l’opposition conteste la récente révision institutionnelle et le nouveau code électoral, adoptés en quelques jours par le Parlement. Samedi 4 avril, une modification de la Constitution a créé un poste de vice-président. Mardi 7 avril, les sénateurs ont ensuite validé une loi changeant les règles électorales, dans un contexte déjà marqué par le report des législatives à 2027.

Ces textes cristallisent les critiques à quelques mois de la présidentielle prévue en octobre 2026. Plusieurs figures de l’opposition dénoncent une concentration accrue du pouvoir et une remise en cause des équilibres institutionnels, tandis que le camp présidentiel défend une réforme présentée comme conforme à la continuité de l’État et à la stabilité du pays.

Pourquoi le code électoral ravive les tensions politiques au Cameroun

Le point le plus contesté concerne la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Jusqu’ici limitée à 18 mois, cette prolongation pourra désormais être décidée par décret présidentiel sans borne temporelle explicite. Pour l’opposition, cette disposition ouvre la voie à un maintien prolongé d’élus locaux sans nouveau scrutin, dans un pays où les échéances électorales sont déjà régulièrement repoussées ou réaménagées.

La création d’un poste de vice-président alimente aussi le débat. Les autorités y voient un mécanisme de succession institutionnelle destiné à éviter un vide au sommet de l’État en cas d’empêchement du président. Les opposants, eux, estiment que cette innovation modifie en profondeur l’architecture du pouvoir sans véritable débat national. Des appels à la mobilisation ont été lancés auprès de la diaspora et des citoyens, notamment par d’anciens candidats et responsables politiques, alors que des pétitions circulent en ligne pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive institutionnelle.

Lire aussi : L’économie camerounaise saluée par le FMI, mais 2026 inquiète

Cette séquence intervient dans un climat politique sensible, alors que Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, reste au centre de la vie publique camerounaise. Le pays, poids lourd de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), occupe une place stratégique dans une région confrontée à des transitions politiques, à des défis sécuritaires et à des débats récurrents sur la gouvernance électorale. À l’échelle du continent, l’Union africaine appelle régulièrement à des processus électoraux inclusifs et crédibles, un enjeu devenu central dans plusieurs États où les règles du jeu institutionnel évoluent à l’approche des scrutins. Au Cameroun, la polémique autour du code électoral pourrait ainsi peser durablement sur la préparation de la présidentielle et sur la confiance entre majorité, opposition et électeurs.

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