Cacao : les prix atteignent des sommets historiques

Temps de lecture :
cacao production afrique
A A A A A

Le marché mondial du cacao fait face à une crise sans précédent. Le prix de la tonne a atteint un sommet historique de 7.000 dollars, soit une multiplication par près de trois en moins d’un an. Cette augmentation vertigineuse, observée ces derniers mois, est le résultat d’une conjonction de facteurs, dont la crise climatique mondiale et la spéculation sur le marché du cacao.

La Côte d’Ivoire et le Ghana, principaux contributeurs à près de 70% de la production mondiale de cacao, sont les épicentres de cette hausse des prix. En 2023, des conditions climatiques exceptionnelles et des pluies torrentielles ont entraîné une baisse significative de la production dans ces deux pays. Ce n’est pas la sécheresse mais plutôt les pluies excessives qui ont affecté les récoltes. Les pluies diluviennes, potentiellement amplifiées par le réchauffement climatique et El Niño, ont provoqué une augmentation des pourritures brunes des cabosses, réduisant considérablement les rendements.

Lire aussi : Cameroun : flambée sans précédent des prix du cacao

Une tendance durable ?

Cette situation a entraîné une chute de près de 35% des récoltes, créant une forte demande sur les marchés mondiaux et provoquant une hausse continue des prix jusqu’à atteindre le record historique en février 2024. La Côte d’Ivoire, en particulier, peine à satisfaire les contrats signés en début d’année.

Face à cette crise conjoncturelle, plusieurs experts estiment que la hausse des prix du cacao pourrait devenir une tendance durable. La crise climatique, exacerbant les variations météorologiques dans les zones tropicales de production de cacao, perturbe régulièrement le calendrier agricole et augmente les coûts de production.

Les consommateurs de par le monde peuvent s’attendre à des changements dans le coût de leurs tablettes de chocolat à l’avenir. Certains experts préconisent une acceptation d’un coût légèrement plus élevé pour garantir des modes de production stables, axés sur une agroforesterie durable et résiliente.

La crise actuelle souligne l’importance de reconnaître la valeur ajoutée des producteurs de cacao et la nécessité d’une approche plus éthique dans l’industrie du chocolat.

Recommandé pour vous

Or : Perseus augmente ses retombées africaines de 46%

Perseus Mining affirme avoir injecté 1,18 milliard de dollars dans les économies africaines où il opère en 2026, soit 46% de plus qu’un an auparavant.

Tunisie : le cash bancaire hors réseau atteint un niveau record

En Tunisie, la monnaie fiduciaire hors des banques dépasse 30 milliards de dinars, un record jugé révélateur d’un malaise structurel.

Afrique du Sud : Pretoria vise 3% de croissance annuelle pour soutenir l’emploi

L’Afrique du Sud vise 3% de croissance annuelle d’ici 2030 pour créer un million d’emplois, en misant sur les infrastructures, les mines, le tourisme et l’agriculture.

Tunisie : le blé dur fixé à 170 dinars le quintal

Tunis a aussi arrêté les tarifs du blé tendre, de l’orge et du triticale afin de soutenir les producteurs et d’assurer la disponibilité des semences avant les semis.

Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : pourquoi la répression peine à tarir les filières clandestines ?

Malgré 8.500 sites démantelés, l’orpaillage illégal résiste en Côte d’Ivoire. Derrière les mineurs, financeurs, acteurs locaux et réseaux transfrontaliers structurent la filière.

FMI-Sénégal : une mission attendue à Dakar dès le 19 août

Une mission du FMI se rendra au Sénégal du 19 août au 1er septembre pour discuter avec les autorités sénégalaises des finances publiques, de la dette et d’un nouveau programme.
pub