Abdourahamane Tiani officiellement investi président du Niger

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Abdourahamane Tiani officiellement investi président du Niger pour une transition de cinq ansCette image obtenue auprès de Télé Sahel vendredi montre le général Abdourahamane Tiani s'exprimant à la télévision nationale du Niger Télé Sahel-AFP © DR
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Le général Abdourahamane Tiani, chef du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), a été officiellement investi président de la République du Niger pour une période de transition de cinq ans. Cette investiture fait suite aux recommandations des Assises nationales et à la promulgation de la « charte de la refondation », qui remplace la constitution précédente et fixe la durée de la transition à 60 mois, ajustable en fonction de la situation sécuritaire et des décisions de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Lors de la cérémonie à Niamey, le président Abdourahamane Tiani a également été promu au grade de général d’armée, le plus élevé dans la hiérarchie militaire nigérienne. Dans son discours, il a souligné son engagement envers les « intérêts supérieurs du pays » et a appelé à une « refondation et réconciliation nationale ».

                  Lire aussi : Le Mali, le Niger et le Burkina Faso quittent l’OIF

Parmi les mesures annoncées, le président de la transition a signé des décrets dissolvant les partis politiques existants et accordant la libération de certains prisonniers civils et militaires. Ces actions visent à remodeler le paysage politique et à promouvoir la réconciliation nationale.

Concernant la présence militaire étrangère, la nouvelle charte stipule que l’installation de bases militaires devra être validée par référendum, sauf en cas d’urgence où le président pourra statuer par décret. Cette disposition reflète une volonté de renforcer la souveraineté nationale dans les décisions de défense.

Tiani trace la nouvelle route du Niger

Cette transition de cinq ans prolonge la période initialement envisagée et défie les appels de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. En conséquence, le Niger, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, a quitté la CEDEAO en réponse aux sanctions imposées par le bloc régional.

En consolidant son pouvoir jusqu’en 2030, le président nigérien s’inscrit dans une tendance observée dans d’autres pays de la région dirigés par des régimes militaires, tels que le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, où les transitions prolongées sont devenues courantes.

Le général Abdourahamane Tiani a exprimé sa détermination à conduire le Niger vers une nouvelle ère politique et institutionnelle, mettant l’accent sur la souveraineté nationale et le développement durable.

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