Entrepreneuriat : étude sur les startups et leurs écosystèmes

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L'entrepreneuriat vu par l'Observatoire marocain des Très petites, petites et moyennes entreprises (OMTPME)Image d'illustration © DR
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Les startups en Afrique francophone connaissent un fort développement ces dernières années. Le continent regorge de talents et d’idées innovantes. Malgré le développement des écosystèmes, les entrepreneurs font face à plusieurs défis. Deloitte Afrique francophone, Africa Fintech Forum et Microsave Consulting se sont penchés davantage sur le sujet, étudiant plus de 200 startups en Afrique francophone.

Les innovations technologiques sont en train de transformer les secteurs clés de l’économie africaine. Les startups proposent de plus en plus de solutions innovantes. Avec la montée en puissance de l’industrie 4.0, la vision et le fonctionnement des entreprises ont complètement changé. L’objectif est de répondre aux demandes des consommateurs et offrir des services accessibles et simples.

Les cabinets internationaux Deloitte Afrique francophone, Africa Fintech Forum et Microsave Consulting ont conjointement réalisé une étude sur les startups en Afrique francophone et leurs écosystèmes. Selon leur analyse, le secteur financier n’a pas échappé à cette transformation. Après la crise économique de 2008, de nombreuses startups ont investi dans le secteur du digital. Celles-ci sont appelées « Fintech ». Il s’agit d’entreprises qui recourent à la technologie afin d’offrir des services financiers modernes et de répondre aux nouveaux besoins des utilisateurs.

L’étude a révélé que l’Afrique demeure une terre fertile pour la Fintech. Sa population jeune (60% des africains sont âgés de moins de 25 ans) représente un fort potentiel pour les services et produits numériques. Il faut noter que cette étude est basée sur l’expérience de 255 Fintech, à travers 20 pays africains répartis sur quatre sous-régions du continent.

 

La répartition géographique

L’analyse des cabinets internationaux englobe la quasi-totalité des pays d’Afrique francophone. Les startups étudiées sont concentrées en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie), Afrique Centrale (République Centrafricaine, Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo, Gabon), Afrique de l’Ouest (Mauritanie, Mali, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Ghana, Burkina Faso, Niger, Bénin, Togo) et Afrique de l’Est (Iles Seychelles, Madagascar).

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Par région, le nombre le plus important des startups se trouve en Afrique de l’Ouest (30%) et du Nord (35%). Alors que l’échantillon analysé en Afrique Centrale et de l’Est représente respectivement 18% et 16%.

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Les secteurs d’activité

La plupart des Fintech étudiées exerce dans le domaine du paiement et du transfert d’argent (41,5%). Elles sont suivies par celles spécialisées dans les métiers de la banque, les services liés au matériel de blanchisserie et de laverie (CBS), les services de financement et l’assurance.

Les Fintech étudiées sont aussi en majorité des microentreprises (avec moins de 50 employés). Elles représentent 77% de l’échantillon. Plus de la moitié d’entre elles ne dispose pas d’un portefeuille de plus de 50 clients. Et seulement 2% des ont plus de 200 employés. L’étude soulève aussi que «Le chiffre d’affaires des 19 startups ayant communiqué sur leur productivité évolue entre 1 millions et 30 milliards de Franc de la communauté financière africaine (FCFA), caractérisant ainsi une forte dispersion». 

Lire aussi : L’OMPIC dresse le bilan de ses activités de 2022

 

Les défis rencontrés

Les startups font face à de nombreux défis, en particulier l’éducation financière. «Très peu de solutions de financement existent pour les premières phases des Fintech, les entrepreneurs doivent donc se tourner vers d’autres moyens. Ce manque de financement ralentit le développement des Fintech en Afrique francophone», précise l’étude. De plus, le financement des Fintech intervient principalement dans la phase de création et dans la phase d’amorçage. Les experts de l’étude l’ont qualifié « d’insuffisant ».

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Conclusions de l’étude

L’étude a présenté plusieurs conclusions sur l’écosystème des startups africaines. Parmi celles-ci, on note :

  • Au Maroc, l’environnement direct des startups étudiées est dominé par les Fintech avec une représentativité de 75%. La plupart des startups marocaines est dans une phase de développement avancée. 52% est en phase d’expansion et 33% en phase de croissance. Ce constat reflète le niveau relativement développé des startups dans le pays ;
  • En République démocratique du Congo (RDC), la grande majorité des startups est très récente et majoritairement dirigée par des jeunes. 100% des startups sont dans une phase d’amorçage. Ceci indique un écosystème des Fintech en RDC encore très précoce ;
  • Au Togo, l’écosystème de Fintech est aux portes de la modernisation de l’économie et la société. Un nombre important de Fintech établit des partenariats avec le gouvernement et des banques. Près de la moitié des startups étudiées est en phase de création (75%) ;
  • À Madagascar, les startups peinent à démarrer malgré un énorme apport financier. L’étude montre qu’il y a 60% des startups étudiées en phase d’amorçage et 20% en phase de création et d’idéation ;
  • Au Congo, la Fintech est un enjeu majeur dans le développement de l’économie du pays. L’environnement des startups technologiques dans le domaine financier congolais est composé uniquement de Fintech, avec 100% de représentativité ;
  • En Tunisie, le paysage des startups dans le domaine financier est dominé par les Fintech (77% des startups analysées). Selon l’étude, l’écosystème des startups est toujours en quête de synergie entre la Fintech et le système bancaire et financier du pays ;
  • En Algérie, malgré un écosystème encore non exploité, certaines Fintech ont su se hisser à un rang privilégié. La majorité des startups étudiées sont dans une phase de développement avancé, avec 67% en phase d’expansion.

Enfin, les écosystèmes des startups en Afrique francophone connaissent une croissance rapide. Celles-ci peuvent devenir un moteur de l’économie dans le continent à condition d’avoir le soutien adéquat.

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