Trafic de bois vers la Chine : le Mozambique perd 500.000 tonnes par an (rapport)

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Trafic de bois vers la Chine depuis la MozambiqueTrafic de bois vers la Chine depuis la Mozambique.© Dr
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Entre 2017 et 2023, le Mozambique a perdu en moyenne 500.000 tonnes de bois qui directement exporté en Chine, c’est ce qu’a révélé une enquête intitulée « Millions of tons in illegal logs shipped from Mozambique to China ». Elle est réalisée par l’Agence d’enquête environnementale (EIA), une ONG internationale basée au Royaume-Uni.

L’enquête a démontré que la majorité du bois était sous forme de grumes alors que le gouvernement mozambicain avait imposé une interdiction sur les expéditions de grumes provenant de toutes les espèces indigènes d’arbres, depuis 2017.

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L’EIA estime que la Chine absorbe plus de 90 % des grumes qui sortent du pays. Ceci dans un contexte où l’exploitation forestière illégale crée chaque année un manque à gagner d’environ 500 millions dollars au pays d’Afrique australe, selon les données officielles.

Selon l’ONG, ce commerce illégal est rendu possible par la corruption systémique, souvent décrite comme une « chaîne de racket », qui imprègne chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, de la forêt au port.

« Nos sources ont décrit des pots-de-vin allant des négociants chinois à des fonctionnaires de haut niveau, à des agences telles que les autorités douanières et fiscales, le ministère de la Terre, de l’Environnement et du Développement rural, ainsi qu’au personnel de sécurité et de police », a révélé l’EIA.

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Par ailleurs, ce commerce ne profite pas seulement les chinois. Plusieurs compagnies maritimes offrent leurs services de frets pour ces marchandises comme le français CMA-CGM, le danois Maersk, l’italo-suisse MSC ou encore l’United Africa Feeder Line (UAFL).

Les données compilées par l’EIA indiquent que sur 3.000 conteneurs, transportant du bois sous forme de grumes à destination de la Chine entre 2019 et 2021, 85% ont été réservés par CMA-CGM.

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« Les compagnies maritimes et les pays importateurs, comme la Chine doivent changer leur mode opératoire actuel et aider les autorités mozambicaines en faisant respecter les lois nationales et les obligations découlant des traités internationaux, afin de mettre un terme à ce commerce illégal qui détruit les forêts et nuit à la population du Mozambique », recommande l’ONG.

Selon les autorités mozambicaines, le pays a connu une déforestation rapide, la couverture forestière du pays passant de 88% en 1980 à 43% en 2020, soit une perte moyenne de plus de 250 000 hectares par an.

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