Rentrée économique : la lutte contre l’inflation continue

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Les besoins de liquidité des banques atteignent 639 milliards de FCFA dans la CEMACSiège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) © DR
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La lutte contre l’inflation demeure une priorité majeure en cette rentrée économique, avec des défis internes et externes qui continueront d’influencer l’évolution des prix dans les mois à venir. Dans la zone Cemac, l’inflation, en moyenne annuelle, aurait atteint son pic au deuxième trimestre 2023, et amorcerait sa décélération. Elle reviendrait, toute chose égale par ailleurs, autour de la norme communautaire de 3 % courant 2024 et y demeurerait en 2025, prévoit la Commission de la Cemac.

Jackson Hole, lieu de rencontre annuelle incontournable des banquiers centraux, a résonné d’un message sans équivoque cette année : la bataille contre l’inflation est loin d’être gagnée. En cette rentrée économique, l’inflation demeure un sujet brûlant sur la table des gouvernements du monde entier, exacerbant les préoccupations, notamment dans certains pays africains. Au Ghana, les prix ont grimpé en moyenne de 46,2% depuis le début de l’année, tandis qu’au Nigéria, l’inflation atteint une hausse de 22,2%. Au Maroc, la situation est plus modérée. Après un pic de 10,1% en février, l’inflation est retombée à 4,9% en juillet en glissement annuel. Pendant ce temps, dans la zone Uemoa, l’inflation se maintient en moyenne à 7,4%, et dans la Cemac, elle s’établit à 6,6%. Ces niveaux sont largement supérieurs aux normes communautaires.

Lire aussi : Comment l’escalade des prix mondiaux trouve un écho dans le taux d’inflation de la zone UEMOA

La zone Cemac touchée par des facteurs internes et externes

Dans chacun des six pays de la Cemac, l’inflation dépasse le seuil de 3%. Cette escalade des prix au cours des derniers mois est le résultat d’une combinaison de facteurs, à la fois internes et externes. Sur le plan interne, des politiques budgétaires restrictives, telles que la réduction des subventions sur les prix des hydrocarbures, ont provoqué l’augmentation du prix du carburant dans certains pays de la région, alimentant ainsi les pressions inflationnistes. De plus, des problèmes climatiques et environnementaux ont perturbé la production alimentaire, entraînant une inflation alimentaire généralisée.

Sur le plan externe, l’inflation importée, les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement internationales et les conséquences de la guerre russo-ukrainienne ont également exercé une pression sur les prix. Cela s’est traduit par une hausse des coûts liés aux importations d’hydrocarbures, aux intrants agricoles et aux engrais.

Lire aussi : Afrique subsaharienne : l’inflation et l’insécurité alimentaire menacent des millions de vies

En perspectives, les pressions inflationnistes mondiales devraient connaître un repli significatif, en parallèle à la baisse de la demande mondiale de matières premières. Dans la zone CEMAC, les augmentations des prix à la pompe des carburants et les perturbations climatiques, suscitant des inquiétudes sur l’offre alimentaire, sont responsables d’une hausse prévue de l’inflation générale de 6,1% en moyenne annuelle d’ici à la fin de 2023, après s’être établie à 5,6% en 2022. Les premiers signes d’apaisement des pressions inflationnistes devraient apparaître à moyen terme. Plus précisément, l’inflation en moyenne annuelle aurait atteint son pic de 6,6 % au deuxième trimestre 2023, et amorcerait sa décélération. Les prévisions de la Commission de la Cemac indiquent, toute chose égale par ailleurs, un retour à la norme communautaire de 3% au cours de 2024 et son maintien à ces niveaux en 2025.

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