Kenya : la frontière saoudienne bloque des centaines de travailleurs
Au Kenya, la fermeture de la frontière saoudienne aux voyageurs en provenance du pays, décidée le 30 octobre par Riyad sur fond d’alerte sanitaire, plonge des centaines de travailleurs migrants dans l’incertitude. Plus de 300 Kényans munis de permis réguliers ont été refoulés puis renvoyés à Nairobi après avoir été retenus plusieurs jours à l’aéroport de Riyad, alors que d’autres départs prévus restent suspendus.
Les autorités saoudiennes ont annoncé la suspension des arrivées en provenance du Kenya, l’arrêt de la délivrance de visas aux ressortissants kényans et l’interdiction d’entrée pour les personnes ayant séjourné dans ce pays au cours des 21 jours précédant leur arrivée. Nairobi juge ces dispositions disproportionnées, tandis que le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine a demandé un réexamen de la décision.
La frontière saoudienne ravive les inquiétudes sur l’emploi migrant kényan
Le choc est d’autant plus important que l’Arabie saoudite représente la première destination des travailleurs migrants kényans. Selon les autorités kényanes, près de 350.000 ressortissants vivent déjà dans le Royaume, principalement dans les secteurs des services, du bâtiment et du travail domestique. Pour de nombreuses familles, ces départs constituent une source essentielle de revenus, dans un contexte où les transferts de fonds de la diaspora occupent une place croissante dans l’économie nationale.
Le blocage actuel touche à la fois les candidats au départ et les agences de recrutement. Plusieurs professionnels du secteur disent ne pas savoir comment gérer les dossiers en cours, alors que certains travailleurs avaient déjà engagé des frais pour les billets, les formalités administratives ou la préparation du voyage. Les témoignages relayés après le refoulement font également état de conditions d’attente difficiles à l’aéroport de Riyad, alimentant les critiques sur le traitement réservé aux passagers concernés.