RDC : un insecticide domestique contenant du dichlorvos inquiète
Un insecticide destiné à l’agriculture, mais largement détourné de son usage initial par des ménages en République démocratique du Congo (RDC), suscite des inquiétudes sanitaires. Commercialisé sous le nom de Lava, ce produit contient du dichlorvos, une substance toxique dont l’utilisation est interdite en Europe et au Canada.
Une étude scientifique publiée le 29 octobre fait état de 22 cas d’intoxication liés à l’utilisation de cet insecticide dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi et Kolwezi. Les cas ont été recensés entre le 7 décembre 2025 et le 25 février 2026, à la suite d’opérations de pulvérisation à l’intérieur des habitations. Quatorze personnes ont dû être hospitalisées.
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Des risques d’intoxication grave
Selon le docteur Paul Musa, l’un des chercheurs ayant participé à l’étude, les personnes intoxiquées ont notamment présenté des étourdissements, des maux de tête et des nausées. Dans les cas les plus graves, l’exposition au produit peut provoquer des difficultés respiratoires, un coma, voire entraîner la mort.
Malgré sa destination agricole, le Lava est utilisé par certains ménages pour éliminer les moustiques, les cafards et d’autres insectes. À Lubumbashi, des utilisatrices interrogées par Radio France Internationale (RFI) témoignent de pratiques consistant à diluer le produit dans de l’eau avant de le pulvériser ou de l’utiliser pour nettoyer les habitations.
Ces usages exposent directement les occupants aux substances toxiques, notamment lorsque le produit est appliqué dans des espaces fermés.
L’étude met ainsi en évidence les risques liés à l’utilisation domestique d’un insecticide conçu pour un autre usage. Le dichlorvos est par ailleurs considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une substance hautement dangereuse.