Kenya : Paul Mackenzie reconnu coupable du meurtre de 190 enfants
Au Kenya, la justice a reconnu coupable, le 19 octobre à Mombasa, le prédicateur Paul Mackenzie et plusieurs coaccusés dans l’affaire du drame de Shakahola. Le chef autoproclamé de l’Église internationale de la bonne nouvelle a été déclaré responsable du meurtre de 190 enfants et d’un adulte, retrouvés dans la forêt de Shakahola, dans le comté côtier de Kilifi.
Cette décision marque une étape majeure dans l’un des dossiers criminels les plus graves de l’histoire récente du pays. Les accusés étaient poursuivis pour avoir poussé ou laissé mourir de faim des fidèles, dont de nombreux mineurs, au nom d’un jeûne extrême présenté comme un moyen de « rencontrer Jésus ». La sentence doit être prononcée le 6 novembre.
Paul Mackenzie au centre d’un scandale religieux et judiciaire majeur
L’affaire remonte à 2023, lorsque les autorités kényanes ont découvert des fosses communes dans la forêt de Shakahola. Depuis, les exhumations ont mis au jour au moins 429 corps, selon les chiffres communiqués par des institutions kényanes de défense des droits humains, même si tous ne sont pas encore formellement identifiés ni rattachés aux chefs d’accusation jugés dans ce dossier précis. Le procès tranché à Mombasa portait, lui, sur 191 victimes identifiées dans l’acte d’accusation, dont 190 enfants.
Les éléments examinés par le tribunal ont décrit un système d’endoctrinement particulièrement structuré. D’après l’accusation retenue par la cour, les adeptes étaient incités à s’affamer jusqu’à la mort, tandis que certains enfants auraient été privés de nourriture par leurs propres parents. Des examens médico-légaux ont aussi fait état, pour certaines victimes, de décès par asphyxie, strangulation ou traumatismes, au-delà de la seule inanition. La juge a estimé que la majorité des morts étaient bien liées à la faim et que le rôle des adultes chargés de protéger les enfants avait été renversé.