RDC : Joseph Kabila rejoint Corneille Nangaa et les chefs de l’AFC/M23 pour créer le FRN
C’est lors d’une conférence de presse qu’une nouvelle coalition politico-militaire est née dans l’est de la République démocratique du Congo, précisément à Goma, sous le nom de Front pour la refondation de la nation (FRN). Le lundi 12 octobre, l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, a officiellement pris la tête de ce groupe. Il sera accompagné par les chefs rebelles de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Freddy Kaniki et Sultani Makenga, en tant qu’adjoints. Cette annonce a été faite par Claude Ibalanky, conseiller du groupe. Le FRN vient remplacer l’AFC/M23.
Les autorités congolaises accusaient depuis des mois Kabila de soutenir l’AFC/M23, qui a pris le contrôle de vastes territoires dans l’est du Congo lors d’une offensive l’an dernier, notamment la ville de Goma et bien d’autres localités. Cependant, l’ancien président a nié toute implication.
Dans un discours publié vendredi, Kabila a accusé le gouvernement de corruption, de mauvaise gouvernance et de revers militaires dans l’est du Congo. Il avait également déclaré que le Congo était « en péril » et que « le sauver est un impératif et une urgence ».
Les anciens dirigeants ont pris les armes
Joseph Kabila a pris le pouvoir en 2001, après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, qui avait renversé Mobutu. Il a dirigé le pays pendant près de 18 ans, jusqu’aux élections de 2018, organisant ainsi la première passation pacifique du pouvoir entre lui et l’actuel président, Félix Tshisekedi, en janvier 2019.
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Le M23 avait repris son offensive dans l’est de la République démocratique du Congo en novembre 2021, avant d’étendre progressivement son contrôle territorial à partir de 2022. Cette rébellion était dirigée par Bertrand Bisimwa, chef politique, et Sultani Makenga, chef militaire. Puis, en décembre 2023, Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui avait supervisé le scrutin de 2018, a lancé l’Alliance du fleuve Congo (AFC). C’est de cette initiative qu’est née l’alliance AFC/M23.
Entre janvier et février 2025, près de 3.000 personnes ont été tuées et plus de 2.800 blessées dans les affrontements entre ce groupe rebelle et l’armée nationale, rapporte le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.