Afrique du Sud : près de 38.000 étrangers en situation irrégulière expulsés en huit mois
Des migrants africains © DR Près de 38.000 étrangers en situation irrégulière ont été détenus puis expulsés d’Afrique du Sud entre janvier et août 2026, selon des données communiquées par le ministre sud-africain de l’Intérieur, Leon Schreiber, devant le Parlement.
Au total, 37.942 personnes ont été concernées par ces procédures au cours des huit premiers mois de l’année. Les opérations ont représenté une dépense de 463,9 millions de rands, soit environ 26 millions de dollars.
Les ressortissants de quatre pays voisins concentrent l’essentiel des expulsions. Les Zimbabwéens arrivent en tête avec 12.407 expulsions, suivis des Malawiens avec 10.725 cas. Viennent ensuite les Mozambicains, avec 9.548 expulsions, et les Lesothans, avec 4.435.
À eux seuls, ces quatre groupes représentent 37.115 expulsions, soit la quasi-totalité des personnes recensées dans les statistiques du ministère.
Des chiffres qui ne couvrent pas toutes les opérations
Devant les parlementaires, Leon Schreiber a précisé que ces données correspondent uniquement aux personnes détenues puis expulsées directement par le ministère de l’Intérieur.
Elles n’incluent donc pas les arrestations réalisées par d’autres services sud-africains chargés de l’application de la loi. Le ministre a également indiqué que les chiffres ne prennent pas en compte les nombreux étrangers pris en charge par les autorités dans le cadre de procédures destinées à leur rapatriement.
Cette distinction intervient alors que Pretoria a renforcé ses opérations de contrôle et de retour des étrangers en situation irrégulière au cours de l’année.
Les opérations de rapatriement ont notamment été intensifiées à partir de juin, sur fond d’augmentation du nombre d’étrangers en situation irrégulière sollicitant une assistance auprès de sites temporaires mis en place dans plusieurs régions, notamment à Durban.
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Entre le 14 juin et le 20 août, quelque 86.596 personnes ont été prises en charge dans le cadre d’opérations coordonnées de contrôle et de rapatriement.
Dans la province du Limpopo, au nord du pays, le centre temporaire de traitement des rapatriements de Musina a, à lui seul, accueilli 48.948 personnes avant sa fermeture en août.
Plus de 463 millions de rands mobilisés
Les opérations ont également représenté un important coût financier pour les autorités sud-africaines. Sur les 463,9 millions de rands engagés, 122,68 millions ont été consacrés aux opérations de détention, tandis que 341,22 millions ont été affectés au rapatriement entre juin et août.
La mise à disposition de moyens de transport constitue le principal poste de dépenses. Les autorités ont consacré 232,83 millions de rands à la mobilisation de bus destinés aux opérations de rapatriement.
Par ailleurs, 48 millions de rands ont été consacrés à la mise en place et au fonctionnement du centre temporaire de Musina.
Le gouvernement sud-africain assume les coûts liés au rapatriement des personnes concernées. Pretoria travaille avec les pays d’origine afin d’identifier leurs ressortissants, de procéder aux démarches administratives nécessaires et d’organiser leur retour.
Cette coopération avec les États concernés ne signifie toutefois pas que les dépenses engagées par l’Afrique du Sud soient systématiquement remboursées, a précisé le ministre de l’Intérieur.
Les chiffres présentés au Parlement témoignent ainsi de l’ampleur des opérations menées par les autorités sud-africaines en matière de contrôle migratoire et de rapatriement au cours des premiers mois de 2026.