RDC : un audit révèle près de 64.000 policiers fictifs ou inactifs
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une situation inédite au sein de sa police nationale. Un audit présenté par le gouvernement a mis en évidence que 63.817 agents sont considérés comme « fictifs » ou « inactifs » sur un total de 157.886 policiers officiellement enregistrés. Cette découverte réduit considérablement les effectifs réellement opérationnels, faisant chuter le ratio de policiers par habitant à un niveau jugé insuffisant pour répondre aux besoins sécuritaires du pays.
Afin de remédier à cette situation, les autorités ont lancé une vaste opération de vérification physique des agents accompagnée de la délivrance de cartes biométriques. Le processus débutera à Kinshasa avant d’être progressivement étendu aux 25 autres provinces. L’objectif est de créer une base de données sécurisée, d’éliminer les doublons et les emplois fictifs, tout en améliorant la gestion des salaires, des recrutements et des promotions.
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Une réforme pour renforcer la sécurité
Selon les conclusions de l’audit, ces effectifs irréguliers représenteraient une perte annuelle estimée entre 99,8 et 233 millions de dollars pour les finances publiques. Cette réforme s’inscrit dans un programme de modernisation de la police prévu jusqu’en 2030, doté d’un budget de 2,55 milliards de dollars. Celui-ci prévoit notamment le recrutement et la formation de 90.000 policiers, la restructuration des institutions sécuritaires ainsi qu’un renforcement des relations entre la police et la population.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte inquiétude concernant la montée de l’insécurité, notamment à Kinshasa, où les habitants signalent une recrudescence des braquages, enlèvements et agressions armées. Face à cette situation, le président Félix Tshisekedi a demandé au gouvernement d’intensifier la lutte contre les réseaux criminels tout en poursuivant les réformes destinées à améliorer l’efficacité des forces de sécurité.