Libye : un accord électoral sans le soutien de Haftar

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Libye : un accord électoral sans le soutien de HaftarPhoto illustration ©rtbf.be
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Les principales institutions libyennes ont annoncé, jeudi 18 juin, être parvenues à un accord de principe sur une feuille de route prévoyant la tenue d’élections législatives et présidentielle « au plus tard le 17 février 2027 ». Présenté comme un pas vers une sortie de crise, ce compromis a toutefois été aussitôt désavoué par le camp de Khalifa Haftar, qui contrôle l’Est du pays.

L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue par visioconférence entre les institutions politiques de l’Ouest et de l’Est. Côté occidental, le Conseil présidentiel et le Haut Conseil d’État, tous deux installés à Tripoli et reconnus par l’ONU, ont validé le document. Côté oriental, le Parlement siégeant à Benghazi, dans la zone d’influence du maréchal Haftar, a également pris part à l’accord. Le texte prévoit l’organisation simultanée de législatives et d’une présidentielle dans un délai maximum de huit mois.

Cette initiative intervient dans un pays toujours fracturé depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. La Libye demeure divisée entre deux pôles de pouvoir rivaux ; un gouvernement installé à Tripoli et un autre, à l’Est, dominé par le clan Haftar. Depuis des années, les tentatives de réunification institutionnelle ont été entravées par les désaccords sur les règles du jeu électoral et la répartition des pouvoirs.

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Un espoir aussitôt tempéré

Mais l’espoir suscité par cette feuille de route a été rapidement tempéré. Le Commandement général des forces armées, dirigé par Khalifa Haftar, n’a pas apporté son soutien explicite au texte adopté jeudi. Il a préféré saluer le plan proposé par l’Américain Massad Boulos, envoyé spécial de Donald Trump pour l’Afrique. Cette option, jusque-là rejetée par le maréchal, repose sur un rapprochement politique entre Tripoli et Benghazi, dans un contexte où l’Est et le Sud libyens, contrôlés par Haftar, concentrent l’essentiel des ressources pétrolières du pays.

Dans ses déclarations, Khalifa Haftar affirme néanmoins travailler lui aussi à une feuille de route destinée à organiser des élections « dans les meilleurs délais possibles », sans avancer de date précise.

La Libye n’a pas organisé d’élection nationale depuis le scrutin parlementaire de 2012. Un vote prévu en décembre 2021 sous l’égide de l’ONU avait été reporté à plusieurs reprises, faute d’accord entre les camps rivaux sur l’encadrement constitutionnel de la future présidentielle et les critères d’éligibilité des candidats. Le nouvel accord relance donc une perspective politique longtemps différée, mais dont la mise en œuvre reste incertaine.

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