Sénégal : un gouvernement resserré de technocrates sans le PASTEF
Le premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, a présenté lundi soir un gouvernement composé de 30 membres, caractérisé par l’absence de représentants du parti PASTEF-Les Patriotes, pourtant majoritaire à l’Assemblée nationale et dirigé par l’ancien chef du gouvernement, Ousmane Sonko.
La formation de cette équipe intervient dans un contexte marqué par un profond réaménagement des équilibres politiques au sommet de l’État. Le nouvel exécutif rassemble des profils à la fois technocratiques et politiques, appelés à conduire les priorités gouvernementales dans une période de transition institutionnelle.
Cette configuration constitue un tournant dans la vie politique sénégalaise. Bien que le PASTEF dispose de la majorité parlementaire depuis les dernières élections législatives, ses membres ne siègeront pas au sein du gouvernement. Quelques heures avant l’annonce officielle, Ousmane Sonko avait confirmé que son parti ne participerait pas à la nouvelle équipe ministérielle.
Un exécutif axé sur la performance
En présentant son gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lô a insisté sur la vocation opérationnelle de l’équipe qu’il dirige. Selon lui, il s’agit d’un « gouvernement de mission et d’obligation de résultats », reposant à la fois sur une assise politique et sur l’expertise technique de ses membres.
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Le chef du gouvernement a également mis en avant la place accordée aux jeunes et aux femmes, tout en soulignant sa volonté d’introduire une nouvelle méthode de gouvernance fondée sur une meilleure cohérence institutionnelle et une plus grande efficacité de l’action publique. Il a par ailleurs affirmé que l’exécutif entend davantage mobiliser les compétences nationales ainsi que celles de la diaspora sénégalaise pour soutenir le développement du pays.
La nouvelle équipe conserve plusieurs figures de l’ancien gouvernement. Parmi les ministres reconduits figurent notamment Cheikh Diba à l’Économie, Cheikh Niane aux Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Dièye à l’Hydraulique et à l’Assainissement, Moustapha Guirassy à l’Éducation nationale, Ibrahima Sy à la Santé, Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme, Yankhoba Diémé aux Forces armées, Déthié Fall aux Infrastructures et Bakary Sarr à la Communication.
La succession de Sonko
Cette annonce intervient quelques jours après la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô au poste de premier ministre par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Cette désignation, officialisée le 26 mai dernier, faisait suite à l’élection de Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale.
Le nouveau gouvernement ouvre ainsi une nouvelle séquence politique au Sénégal, marquée par la coexistence d’un exécutif dominé par des technocrates et d’une Assemblée nationale où le PASTEF demeure la principale force politique.