Ebola RDC : la Centrafrique renforce ses contrôles aux frontières
En République centrafricaine, les autorités ont annoncé, dimanche 24 mai à Bangui, un renforcement immédiat de la surveillance sanitaire et sécuritaire aux frontières face à l’épidémie d’Ebola. Le gouvernement dit avoir mobilisé les structures concernées, notamment dans les zones proches de la République démocratique du Congo, où la flambée touche plusieurs provinces de l’est.
Selon les derniers chiffres disponibles, la RDC recense 904 cas suspects et 220 décès suspects, dont 101 cas confirmés et 10 décès confirmés en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. La Centrafrique, qui partage une longue frontière avec son voisin, redoute une propagation liée aux passages informels et aux mouvements transfrontaliers fréquents de populations, de commerçants et de transporteurs.
Ebola RDC : une vigilance accrue dans un espace régional exposé
Bangui affirme avoir activé ses mécanismes nationaux de préparation et de riposte autour de trois axes : surveillance épidémiologique renforcée, sécurisation des points d’entrée et capacité de diagnostic. Les autorités sanitaires ont indiqué que les intrants nécessaires à l’identification spécifique du virus sont déjà disponibles à l’Institut Pasteur de Bangui, afin de permettre une réponse rapide en cas d’alerte. Une attention particulière est portée aux sous-préfectures frontalières, plus exposées en raison de la porosité de la frontière avec la RDC.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large en Afrique centrale. Plusieurs pays de la sous-région ont adopté ces derniers jours des mesures plus restrictives pour limiter le risque d’importation de cas. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a estimé que dix pays se trouvent actuellement dans une zone de vigilance élevée. Dans cet environnement, la République centrafricaine cherche à éviter un scénario de transmission locale, alors que son système de santé reste sous pression et que l’accès aux soins demeure inégal selon les régions.