Contrecoup silencieux

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Au Nigeria, des personnes défilentAu Nigeria, des personnes défilent pour protester contre l'assassinat du guide suprême iranien © DR
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Le continent retient son souffle. La guerre au Moyen-Orient aura de grandes conséquences sur les pays africains. Le Sahel d’abord. Ces pays gouvernés par des militaires qui ont chassé les Français et cherché de nouveaux parrains ont misé sur l’Iran. Une coopération qui va de la fourniture de drones jusqu’au soutien logistique. Une présence discrète mais réelle.

Sauf que Téhéran est aujourd’hui en train de se battre pour survivre. Il n’envoie plus rien à personne. Et dans le Sahel, les vides se remplissent vite. Le marché des influences repart, avec de nouveaux vendeurs. Pendant ce temps, les groupes calculent. Un Occident distrait, un parrain iranien aux abonnés absents, des États affaiblis… C’est exactement le genre de fenêtre qu’ils savent exploiter.

Et la propagande, elle, n’attend pas. Présenter les frappes contre l’Iran comme une guerre contre l’Islam. Au Nigeria, des milliers de chiites sont descendus dans la rue. Pacifiquement, pour l’instant. Mais les groupes armés de la région regardent ces foules et voient du potentiel. Ce n’est pas l’émotion des manifestants qui est dangereuse. C’est l’instrumentalisation qui en sera faite.

L’économie, elle, ne fait pas dans la nuance. Le détroit d’Ormuz se ferme, les prix du pétrole s’envolent, et c’est l’inflation qui revient au galop. L’Égypte regarde son canal de Suez comme on regarde une plaie qui risque de s’infecter. Le pays a déjà perdu des milliards à cause des Houthis. Une escalade prolongée pourrait achever ce qui reste de ses recettes.

Ce qui est frappant, au fond, ce n’est pas la nouveauté de la situation. C’est sa répétition. L’Afrique absorbe les contrecoups de guerres qu’elle n’a pas voulues, de rivalités qu’elle n’a pas choisies, de décisions prises dans des capitales qui ne la consultent pas. Elle compense… Mais à quel prix, et jusqu’à quand ?

La vraie question n’est pas de savoir si la région tiendra le choc. Elle tient toujours. La question est de savoir si ses dirigeants vont continuer à subir passivement les recompositions géopolitiques mondiales, ou s’ils vont enfin jouer leur propre partition au lieu de se contenter de choisir entre différents maîtres de jeu étrangers. Pour l’instant, la réponse n’est pas rassurante.

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