Guinée : le mandat présidentiel porté à sept ans dans le projet de nouvelle Constitution

Temps de lecture :
Guinée : deux médias suspendus à l’approche du référendumLe président de la transition en Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya, le 22 septembre 2022 © AP
A A A A A

Le projet de nouvelle Constitution, qui doit être soumis à référendum le 21 septembre prochain en Guinée, suscite déjà débats et interrogations. Dévoilé dans son intégralité à la télévision nationale, le texte ambitionne de doter le pays d’une loi fondamentale « qui ressemble et rassemble les Guinéens », selon les mots du président de la transition, Mamadi Doumbouya. Si le projet apporte certaines nouveautés, il reste cependant fidèle à l’ossature des précédentes Constitutions.

Lire aussi : Guinée : tenue d’un référendum et des élections présidentielle et législatives en 2025

Parmi les principales évolutions, figure la création d’un Sénat, dont un tiers des membres sera nommé directement par le chef de l’État, ainsi que l’instauration d’une Cour spéciale de justice de la République. Cette dernière sera compétente pour juger le président et les membres du gouvernement en cas de haute trahison, de crimes ou de délits commis durant leur mandat. Le mandat présidentiel, lui, passe de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois, selon le texte actuel. Une autre avancée saluée est l’ouverture de l’élection présidentielle aux candidatures indépendantes, élargissant ainsi le spectre démocratique du pays.

Des incohérences juridiques et une clause controversée

Cependant, certains articles soulèvent des contradictions. L’article 74 accorde une immunité civile et pénale aux anciens présidents pour les actes accomplis dans l’exercice régulier de leurs fonctions, ce qui semble contredire la compétence élargie de la nouvelle Cour spéciale, notamment dans le cas d’Alpha Condé, poursuivi pour des crimes présumés sous son régime.

Autre point sensible : la suppression d’une clause initiale qui interdisait formellement à quiconque de briguer plus de deux mandats présidentiels « de sa vie ». Ce retrait a été justifié par le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, au nom du consensus atteint par les rédacteurs du texte. Reste à savoir si les électeurs, eux, partageront cette vision lors du référendum de septembre.

Recommandé pour vous

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Congo : Denis Sassou Nguesso officialise sa candidature à la présidentielle du 15 mars

Le président congolais Denis Sassou Nguesso a annoncé, jeudi 5 février, sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 15 mars prochain.

Développement : le Burkina Faso adopte un Plan de relance pour 2026-2030

politique - Le Burkina Faso a adopté un Plan de relance 2026-2030 pour encadrer son développement pour une somme de 36.000 milliards FCFA

Égypte en tête, percées sahéliennes et surprises nord-africaines : le classement militaire africain 2026

Politique - Le site américain Global Firepower (GFP) a publié, le 21 janvier, son classement annuel des forces militaires mondiales.

RDC : un an après la bataille de Goma, quelles avancées ?

Monde - Il y a un an, la ville de Goma, en République démocratique du Congo, basculait dans une phase de violence sans précédent par l’AFC/M23. Un an plus tard, le mouvement politico-militaire entretient sa présence.
pub