Togo : le camp présidentiel remporte les élections sénatoriales

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Togo : le parti au pouvoir remporte les élections municipalesLe président togolais Faure Gnassingbé devant ses forces militaires en mai 2022. © Emmanuel Pita
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La commission électorale togolaise a annoncé les résultats provisoires des élections sénatoriales, dernière étape avant la mise en application de la nouvelle Constitution. «Nous allons transmettre ces résultats provisoires sans délai à la Cour constitutionnelle qui est la seule habilitée à donner les résultats définitifs», a déclaré Dago Yabré, président de la commission électorale.

Cette réforme, initiée par le président Faure Gnassingbé et promulguée en mai 2024, transforme le régime présidentiel en régime parlementaire. Désormais, le président de la République aura une fonction honorifique, tandis que le président du Conseil, chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, exercera le pouvoir exécutif. Avec une victoire écrasante lors des législatives d’avril dernier (108 sièges sur 113), le parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir), ouvre la voie à la nomination de Faure Gnassingbé comme président du Conseil une fois le Sénat en place.

Une opposition divisée et affaiblie

L’opposition et une partie de la société civile dénoncent cette réforme qu’ils considèrent comme une manœuvre pour permettre à Faure Gnassingbé de se maintenir indéfiniment au pouvoir. Sous l’ancienne constitution, il ne pouvait briguer qu’un dernier mandat en 2025. Le camp présidentiel défend, quant à lui, une réforme qui garantit plus de représentativité et de stabilité institutionnelle.

Lire aussi : Le Togo dévoile son nouveau gouvernement

Le  nouveau Sénat togolais est composé de 61 membres, dont 20 sénateurs désignés par le président du Conseil des ministres. Le scrutin de samedi, boycotté par plusieurs grands partis de l’opposition comme l’ANC, les FDR et la DMP, a permis au parti ADDI, chef de file de l’opposition, de remporter un seul siège. Six autres sièges ont été attribués à des petits partis.

Ces élections ont été marquées par l’absence d’observateurs internationaux et l’interdiction d’accréditation pour les médias étrangers, comme lors des législatives et régionales d’avril. Malgré les contestations, la mise en place du Sénat devrait entériner la transition vers ce nouveau système politique.

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