Sénégal : haro sur les factures d’électricité

Temps de lecture :
facture senelec
A A A A A

Au Sénégal, les subventions allouées au secteur de l’énergie, destinées à stabiliser les prix de l’électricité, du gaz butane et du carburant, ont atteint 750 milliards de FCFA en 2022, ce qui équivaut à 4,4% du PIB. Pour l’année 2023, ces subventions sont estimées à environ 556 milliards de FCFA, marquant ainsi une réduction de 194 milliards de FCFA. Cette décision du gouvernement a déjà des retombées significatives.

Ces dernières semaines, la relation entre la Société nationale d’électricité (SENELEC) et ses clients s’est tendue. La source du conflit réside dans l’augmentation des factures d’électricité, qui ont doublé, voire triplé, pour la plupart des abonnés. Ce malaise a atteint son paroxysme avec une facture de 3.990 FCFA qui a provoqué un tollé. Une pétition, signée par plus de 32.000 clients de la SENELEC, a été lancée en réponse aux factures jugées excessives. En moins de 24 heures, plus de 4.500 signatures ont été recueillies, et le document a atteint plus de 32.000 signatures depuis son dépôt la semaine dernière. La pétition dénonce une surfacturation.

«Durant ces dernières semaines, de nombreux Sénégalais ont reçu des factures d’électricité avec des augmentations brutales et excessives que la seule période de forte chaleur ne peut justifier. De nombreux clients de la SENELEC ont partagé sur les réseaux sociaux des preuves de ces augmentations injustifiées de leurs factures. Ils ont ainsi démontré que le problème affecte presque tout le monde, que ce soient les abonnés du prépayé ou ceux avec des compteurs classiques, de Dakar à Tambacounda et dans de nombreuses autres régions», déplore l’initiateur de la pétition.

Les auteurs de la pétition critiquent également le mutisme de la SENELEC, laquelle, selon eux, ne fournit pas de réponses cohérentes ou convaincantes et utilise des réponses standard.

De plus, les organisations nationales de boulangers ont exprimé leur préoccupation lors d’une conférence de presse en raison de la hausse des coûts de l’électricité, avertissant d’une possible augmentation du prix du pain pour compenser la hausse du coût de l’électricité.

«Aujourd’hui, même ceux qui utilisent le prépayé ou reçoivent des factures bimensuelles ont vu leurs factures tripler, et cela s’ajoute à l’augmentation du prix du diesel et d’autres coûts. Il est important de noter que pour faire du pain, il faut de la levure et d’autres ingrédients. C’est pourquoi les boulangers sont obligés de discuter avec le gouvernement du prix et du poids du pain», souligne le président de la Fédération nationale des boulangers, Amadou Gaye.

Au Sénégal, la baguette de pain est actuellement vendue à 175 FCFA.

Face aux critiques, la SENELEC essaie d’apaiser la situation. Selon le directeur général de l’entreprise, Papa Demba Bitèye, la société est prête à traiter les réclamations formulées dans ses différentes agences. À suivre…

Recommandé pour vous

Inde-Afrique : New Delhi se tourne vers les producteurs africains d’engrais

Les perturbations autour du détroit d'Ormuz poussent l'Inde à revoir en profondeur ses circuits d'approvisionnement en engrais en se tournant vers le marché africain, dont le Maroc

Tanzanie : un programme de 231 millions de dollars pour développer le secteur laitier

La Tanzanie a lancé un programme de 231 millions de dollars destiné à développer son secteur laitier au cours des dix prochaines années, selon les données du ministère de l’Élevage

Commerce intra-africain : 77 milliards de dollars en jeu

Afreximbank estime à plus de 77 milliards de dollars le potentiel du commerce intra-africain inexploité entre manufactures, minerais et machines. Les détails.

La Guinée se retire du projet de monnaie unique de la CEDEAO

La Guinée renonce à intégrer l'Eco, préférant conserver le franc guinéen afin de préserver sa souveraineté économique et sa politique monétaire.

Kenya : l’inflation poursuit sa progression en juillet

Au Kenya, l'inflation a atteint 6,5% en juillet, portée par la hausse des prix alimentaires, tandis que les prix des carburants sont restés stables.

Afrique de l’Ouest : quand l’argent peine à financer l’économie

La BAD estime que l’Afrique de l’Ouest souffre moins d’un manque de capitaux que d’une mauvaise circulation des ressources, entre faible fiscalité et épargne mal orientée.
pub