Responsabilité

Temps de lecture :
Assemblée marrakech FMI BM
A A A A A

Bien des ministres des Finances et argentiers africains iront la boule au ventre aux assemblées générales Banque mondiale/FMI qui s’ouvrent ce lundi 9 octobre à Marrakech. Car la liste des pays du continent potentiellement en défaut de paiement s’allonge : Kenya, Égypte, Tunisie, Ghana, Tchad, Malawi, Zimbabwe, voire l’Éthiopie. Et c’est déjà le cas pour le Niger dont les coupons de ses titres souverains retournent impayés sur le marché obligataire de l’UEMOA.

En proie à de graves déséquilibres structurels, budgétaires et de la balance de paiement, ces pays ont dépassé le seuil de soutenabilité de la dette et sont, de fait, en situation de dépôt de bilan. Sauf retournement improbable de la situation, ils ne seraient pas en mesure d’honorer les échéances à court terme de leur dette. L’année 2024 qui arrive dans trois mois sera particulièrement un révélateur, car elle concentre les grosses échéances sur le marché obligataire. L’Égypte, par exemple, doit à elle seule, décaisser 29 milliards de dollars pour le service de la dette extérieure. À juste titre, les institutions multilatérales, comme la Banque Africaine de Développement, le FMI, et les agences de notation financière, s’en inquiètent depuis plusieurs mois.

Pour certains experts, le tableau clinique actuel ressemble étrangement à la grave crise de la dette des années 80. Ne manquent que les fameux PAS (Programme d’ajustement structurel).

Il ne faut pas s’attendre à un miracle à Marrakech. Le problème de la dette est avant tout de la responsabilité de l’emprunteur. Ceux qui, par démagogie, font croire que l’on peut passer l’éponge sur la dette de pays africains sont, au mieux, dans le délire. Ce sont les mêmes qui ne posent jamais la question de la gestion de cette dette. Ne pas régler ses dettes, comme le préconisait Thomas Sankara au motif que «les créanciers n’en mourront pas», est la pire des options. Cela vous évince définitivement du marché.

Recommandé pour vous

Afrique du Sud : près de 38.000 étrangers en situation irrégulière expulsés en huit mois

L’Afrique du Sud a expulsé 37.942 étrangers en situation irrégulière entre janvier et août 2026, pour un coût de 463,9 millions de rands.

Afrique : l’autosuffisance en carburants est-elle réaliste ?

Pour atteindre l’autosuffisance, l’Afrique devrait disposer de capacités de raffinage supérieures à quatre millions de barils par jour.

Macky Sall reste en lice à l’ONU, Grynspan consolide son avance

Le quatrième scrutin indicatif pour la succession d’António Guterres maintient l’ex-président sénégalais à cinq soutiens, tandis que Rebeca Grynspan prend l’avantage.

Kenya : la méga-raffinerie de Lamu divise déjà avant sa construction

Au Kenya, le groupe Dangote a lancé à Lamu le chantier d’une raffinerie de 700.000 barils par jour, estimée à 16 milliards de dollars.

Cinéma africain : au-delà de la production, une expression politique et sociale

Le cinéma africain reflète les crises et réalités du continent, tout en affirmant son identité et en profitant du numérique pour élargir sa diffusion.

Guinée-Bissau : Umaro Embaló prépare son retour électoral

En Guinée-Bissau, l’ancien président Umaro Embaló annonce son retour et sa candidature à la présidentielle du 6 décembre, près d’un an après le coup d’Etat militaire.
pub