Renouvellement de l’AGOA : une bouffée d’oxygène jugée insuffisante par les industriels africains

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La prolongation d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) par les États-Unis suscite des réactions mitigées parmi les industriels africains. Si l’accord permet de maintenir temporairement l’accès sans droits de douane de nombreux produits africains au marché américain, plusieurs acteurs économiques estiment que cette extension de courte durée crée une incertitude préjudiciable aux investissements à long terme.

Entré en vigueur au début des années 2000, l’AGOA constitue un pilier des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique. Une trentaine de pays bénéficient de ce dispositif, qui couvre une large gamme de produits allant du textile aux produits agricoles, en passant par l’automobile et l’énergie. En 2024, les exportations réalisées dans ce cadre ont atteint 8,23 milliards de dollars, principalement depuis l’Afrique du Sud et le Nigeria.

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Une visibilité jugée insuffisante pour les investissements industriels

Pour de nombreux industriels, la prolongation d’un an ne répond pas aux besoins structurels du secteur. Au Kenya, où plusieurs usines textiles exportent vers les États-Unis grâce à l’AGOA, l’annonce a été accueillie avec prudence. « C’est une bouffée d’oxygène, mais elle ne permet pas de sécuriser les commandes ni de planifier les investissements nécessaires à notre survie », souligne Pankaj Bedi, directeur général d’une usine employant près de 10.000 personnes à Nairobi.

Les critiques s’inscrivent également dans le contexte de la politique commerciale américaine. Le président Donald Trump a régulièrement exprimé son hostilité aux accords de libre-échange, et la nouvelle prolongation s’accompagne d’exigences supplémentaires. Washington affirme vouloir un « AGOA du XXIe siècle » offrant davantage d’accès au marché américain pour ses propres entreprises et producteurs.

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Des inquiétudes partagées à l’échelle du continent

Dans des pays fortement dépendants de l’AGOA, comme le Lesotho, l’incertitude est particulièrement marquée. Les syndicats redoutent un retrait des investisseurs du secteur textile, faute de garanties à moyen ou long terme. « Nous sommes passés d’une perspective de dix ans à une simple année. C’est une victoire très limitée », déplore un responsable syndical local.

L’Afrique du Sud a également exprimé ses préoccupations, appelant à un accord offrant une visibilité suffisante pour guider les décisions d’investissement et d’achat. Pour de nombreux acteurs économiques africains, seul un renouvellement pluriannuel de l’AGOA permettrait de transformer cette bouffée d’oxygène temporaire en véritable levier de développement industriel durable.

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