Redressement économique au Sénégal : Ousmane Sonko mise sur la souveraineté nationale

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Redressement économique au Sénégal : Ousmane Sonko mise sur la souveraineté nationaleOusmane Sonko , Premier ministre du Sénégal © DR
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Face à une situation économique critique, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté un plan de redressement ambitieux axé sur la souveraineté économique et le financement interne. Évalué à plus de 5.600 milliards de francs CFA, ce plan vise à relancer l’économie sans recourir à l’endettement extérieur, en misant sur la mobilisation des ressources domestiques, la réduction des dépenses publiques et des réformes fiscales audacieuses.

C’est dans une atmosphère solennelle et sous haute attention que le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présenté au Grand Théâtre de Dakar un plan de redressement économique devant un parterre de ministres, parlementaires, diplomates et acteurs économiques. Ce plan, chiffré à 5.667 milliards de francs CFA (environ 8,7 milliards d’euros) et étalé jusqu’en 2029, vise un objectif clair : sortir le Sénégal de sa crise financière sans recourir aux financements traditionnels des institutions internationales.

Le plan de redressement économique et social (Pres) repose sur trois axes fondamentaux : une réduction maîtrisée des dépenses publiques, une mobilisation renforcée des ressources domestiques, et un financement endogène complémentaire sans accroissement de la dette. Le gouvernement affiche sa volonté de mettre fin à une logique de dépendance vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI) et des bailleurs étrangers. « Ce que nous présentons aujourd’hui n’attend rien de personne sinon du peuple sénégalais », a affirmé Ousmane Sonko, insistant sur la notion de souveraineté économique.

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Le Premier ministre a détaillé une série de mesures fiscales destinées à alimenter les caisses publiques : taxation accrue sur les jeux de hasard, le tabac, les transactions de « mobile money », ou encore la mise en place de visas payants pour les non-Africains. Des dispositions qui suscitent déjà un vif débat.

Une dette inquiétante, un État à rationaliser

Ce plan s’inscrit dans un contexte économique tendu. Un audit commandité par les nouvelles autorités a révélé une situation financière critique : déficit budgétaire de 14%, dette publique culminant à 119% du PIB et une « dette cachée » estimée à plus de 5.000 milliards de francs CFA. Ces révélations ont conduit à la suspension du programme en cours avec le FMI, affaiblissant davantage la crédibilité financière du pays sur la scène internationale. Mi-juillet, l’agence de notation S&P a abaissé la note du Sénégal à B-, assortie d’une perspective négative.

Pour y faire face, le gouvernement prévoit de réduire la taille de l’État, d’optimiser ses dépenses et de lancer un appel à l’épargne nationale. D’autres pistes, comme la cession partielle d’anciennes bases militaires françaises à usage foncier, sont également envisagées, bien qu’elles rencontrent encore des résistances au sein des forces armées.

Une ambition sociale affichée

Au-delà de la rigueur budgétaire, l’objectif est de répondre à l’urgence sociale. Le taux de chômage avoisine les 20%, et la pauvreté touche plus d’un tiers de la population. Le plan inclut donc des mesures d’accompagnement : revalorisation des allocations familiales, baisse des prix des produits de première nécessité et soutien affirmé au secteur privé local.

Le projet s’inscrit dans une vision de long terme : le Plan Sénégal 2050, qui ambitionne d’améliorer durablement les conditions de vie des Sénégalais et de transformer l’économie nationale. Le cap est fixé : réduire le déficit à 3% d’ici à 2027 sans générer de dette supplémentaire.

L’opposition critique le plan de redressement

Mais le discours d’Ousmane Sonko ne fait pas l’unanimité. L’opposition, notamment le camp de l’ancien président Macky Sall, rejette les accusations sur l’héritage budgétaire laissé. Le député Abdou Mbow défend un bilan économique « stable » et accuse le gouvernement actuel de diversion : « On ne l’a pas élu pour accuser les gens, mais pour résoudre les problèmes des Sénégalais », a-t-il confié à RFI.

D’autres critiques pointent le risque de surtaxation et doutent de la faisabilité du financement strictement domestique. « Ce n’est pas un plan de redressement, c’est un plan de matraquage fiscal », fustige un élu de l’opposition, qui craint un impact négatif sur les couches les plus vulnérables de la population.

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En toile de fond, une incertitude persiste : celle du sort des relations entre le Sénégal et le FMI. Une mission de l’institution est attendue en août pour potentiellement redéfinir les termes d’un nouveau programme. Mais, d’ici là, le gouvernement entend démontrer sa capacité à agir seul.

Ce pari audacieux sur la souveraineté économique suffira-t-il à restaurer la confiance, relancer la croissance et améliorer le quotidien des Sénégalais ? Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la portée réelle de ce virage stratégique.

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