RDC : l’Union africaine dénonce l’attaque du M23 à Kisangani et évoque un possible acte terroriste
L’Union africaine tire la sonnette d’alarme après une attaque de drones attribuée au mouvement rebelle M23 contre l’aéroport de Kisangani, grande ville du nord-est de la République démocratique du Congo. L’organisation panafricaine estime que cette opération pourrait relever d’un acte terroriste, au vu de sa nature et de sa portée.
La frappe, revendiquée par le M23, marque un tournant dans le conflit. Jusqu’ici cantonné aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le groupe armé n’avait jamais conduit d’actions à une distance aussi éloignée de ses bastions. L’aéroport visé, officiellement civil, est également utilisé par l’armée congolaise pour ses opérations aériennes.
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Une escalade aux lourdes conséquences régionales
Dans un communiqué, le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a dénoncé une violation grave du droit international humanitaire, pointant le non-respect des principes de distinction et de proportionnalité. Il a aussi mis en garde contre une aggravation du conflit, susceptible de déstabiliser davantage la région et d’accentuer une situation humanitaire déjà critique.
Depuis fin 2021, l’est de la RDC est le théâtre d’une reprise des combats impliquant le M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda. Le groupe s’est notamment emparé de Goma début 2025, puis de Bukavu quelques semaines plus tard.
Malgré des initiatives diplomatiques récentes (une déclaration de cessez-le-feu à Doha et un accord bilatéral signé à Washington), les affrontements se poursuivent sur le terrain, laissant planer l’ombre d’un enlisement durable.