Quelles perspectives pour les investissements étrangers sur le continent ?

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illustration energies renouvelables afriquePhoto d'illustration © DR
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Les pays africains espèrent que 2023 amorcera la reprise des investissements étrangers. Pour financer surtout des projets dans l’énergie et les mines.

La plupart des pays africains ont traversé une année difficile en 2022. Marquée par des problèmes aigus de financement pour certains États. Et une forte poussée inflationniste sur quasiment tout le continent. En Afrique subsaharienne, plus d’un pays sur deux a connu une inflation à deux chiffres.

Ce climat des affaires incertain a cassé la croissance et découragé les investisseurs étrangers. Les chiffres ne sont pas encore publiés, mais d’après les projections, les investissements directs étrangers réalisés en 2022 sont un peu en dessous de ceux de 2021. 2021 était un bon cru apparent avec 80 milliards de dollars investis, mais trompeur puisque près de la moitié émanait d’un échange d’actions réalisé en Afrique du Sud et non d’un nouveau projet.

Il y a donc un gros rattrapage attendu cette année, aura-t-il vraiment lieu ?

C’est ce qu’espèrent les pays africains, même si la croissance et donc l’environnement économique sera encore contraint. La demande du reste du monde en énergie et en métaux sera moteur. Avec la guerre en Ukraine, le gaz et le pétrole africain sont très sollicités par les Européens. Total Energies et le Britannique Shell sont les plus actifs sur les gros projets du moment. Notamment au Mozambique. Et en Namibie, où de nouvelles découvertes de gisements gaziers ont été réalisées l’an dernier.

L’Allemagne souhaite doper ses investissements sur le continent dans le gaz naturel liquéfié et l’hydrogène vert. La transition énergétique, très gourmande en métaux, pourrait aussi alimenter de nouveaux projets dans l’extraction minière. L’Afrique détient 30% des réserves mondiales de minerai et son sous-sol regorge des métaux exigés par la transition énergétique comme le nickel, le cobalt, le graphite ou le lithium. Mais sa part dans la production mondiale est encore très faible, l’Afrique ne produit que 5% de l’offre mondiale de métaux.

Quels sont les pays qui devraient tirer partie de cet afflux d’argent frais ?

Outre les pays pétroliers et gaziers déjà cités en Afrique australe, les pays d’Afrique de l’Ouest devraient bénéficier de ce regain d’intérêt. Les entrepreneurs allemands présents en Afrique citent en priorité le Sénégal, le Nigeria et la Mauritanie. L’Éthiopie devrait aussi être un des pays les plus sollicités par les investisseurs étrangers, maintenant qu’un terme a été mis à la guerre civile meurtrière qui a duré près de deux ans. C’est est un des pays phares des Routes de la Soie construites par la Chine.

Des projets sont en gestation dans l’industrie textile et la libéralisation du secteur bancaire. Dans le domaine de l’énergie, les investissements étrangers sont surtout orientés vers l’exportation, y compris dans le domaine des renouvelables. Où l’un des plus gros projets du moment prévoit l’exportation d’énergies solaire et éolienne du Maroc vers le Royaume-Uni via des câbles sous-marins.

Sur ce créneau, les investissements existants sont concentrés dans une poignée de pays. Outre le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya absorbent les trois quarts des capitaux investis. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau face à l’ampleur des besoins d’un continent où 43% de la population n’a pas accès à l’électricité. -la fourniture de courant s’est détériorée sous l’effet de la pandémie et de la guerre en Ukraine qui a fait grimper les prix de l’énergie.

Le renouvelable est une partie de la solution. Et pour cela, il faudra décupler le montant des investissements. Selon les derniers chiffres disponibles, l’Afrique n’a reçu que 0,6% des 434 milliards de dollars investis en 2021 dans le monde dans le secteur des énergies renouvelables.

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