Projet Manono : le lithium congolais toujours enlisé dans les conflits juridiques
Le projet Manono, considéré comme la plus importante découverte de lithium en République démocratique du Congo, reste freiné par un long conflit de propriété qui dure depuis plus de deux ans. Malgré ce climat incertain, AVZ Minerals continue de défendre ses positions, soutenue financièrement par son partenaire chinois Suzhou CATH Energy Technologies.
La société australienne a annoncé avoir perçu l’intégralité d’un finanaccement de 20 millions de dollars promis par CATH. Cette enveloppe vise à permettre à AVZ de poursuivre ses démarches juridiques et stratégiques autour du gisement. En retour, l’accord signé début 2025 prévoit que CATH puisse bénéficier de droits préférentiels sur la production de lithium, ainsi qu’une prise de participation indirecte significative si AVZ parvient à faire valoir ses revendications.
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Un gisement au cœur de multiples rivalités
Initialement développé par AVZ en partenariat avec la société publique congolaise Cominière, Manono a ensuite changé de trajectoire lorsque cette dernière s’est rapprochée du groupe chinois Zijin Mining. Contestant cette réorganisation, AVZ a multiplié les recours devant des instances internationales, sans issue définitive à ce stade.
Parallèlement, l’intérêt américain pour le lithium congolais s’est intensifié. La start-up KoBold Metals s’est positionnée sur Manono, d’abord via un accord avec AVZ, puis directement avec les autorités congolaises. Ces initiatives n’ont toutefois pas permis de clarifier l’avenir du projet.
À ce flou s’ajoutent des pressions réglementaires, notamment en Australie, où AVZ est poursuivie pour des manquements présumés à l’information des investisseurs. Entre contentieux, rivalités géopolitiques et incertitudes politiques, Manono demeure un projet stratégique à l’avenir toujours indécis.