Procureurs

Temps de lecture :
Pacte financier mondial paris clotureLes participants lors de la clôture du sommet de Paris le 23 juin 2023 © Lewis Joly/AFP
A A A A A

Les débats au récent «Sommet pour un nouveau pacte financier mondial» à Paris illustrent les fractures sur le vade-mecum de la lutte contre le réchauffement climatique. Les dirigeants du Sud ou plutôt, du «Grand Sud», se sont transformés en procureurs en distribuant des torts et en se contentant des «il faut» sans préciser comment faire. Ils estiment que la marche vers le développement de leurs pays ne doit pas être freinée par des contraintes écologiques. Sous-entendu, ils ne sentent pas concernés par les restrictions, et encore moins par l’interdiction des énergies fossiles.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a lancé la première salve de tirs : «Ceux qui ont pollué la planète pendant les deux cents dernières années sont ceux qui ont fait la révolution industrielle». C’est pour cela dit-il, «qu’ils doivent payer la dette historique qu’ils ont envers la planète». Son homologue nigérien, Mohamed Bazoum, a, lui, eu recours à une formule choc : «une vache qui a soif et une vache qui a bu, ne font pas marche ensemble». Le problème est que, pays riches ou pauvres, tout le monde habite la même planète. Pour s’en sortir, les efforts doivent être mutualisés.

Pour mobiliser les financements, il y a un consensus sur la refonte des organisations de Bretton-Woods créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cela veut dire revoir leur gouvernance. Mais, en Afrique comme dans la majorité du Sud, les dirigeants, par quête de puissance et de prestige, veulent que ce soit leur pays qui prenne le lead. D’ailleurs, ce sont ces divisions qui freinent toute réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. De l’Inde au Nigéria en passant par l’Égypte, tout le monde veut un siège de membre permanent. Résultat, rien n’avance. Qu’en pensent nos procureurs ?

Recommandé pour vous

Afrique du Sud : près de 38.000 étrangers en situation irrégulière expulsés en huit mois

L’Afrique du Sud a expulsé 37.942 étrangers en situation irrégulière entre janvier et août 2026, pour un coût de 463,9 millions de rands.

Afrique : l’autosuffisance en carburants est-elle réaliste ?

Pour atteindre l’autosuffisance, l’Afrique devrait disposer de capacités de raffinage supérieures à quatre millions de barils par jour.

Macky Sall reste en lice à l’ONU, Grynspan consolide son avance

Le quatrième scrutin indicatif pour la succession d’António Guterres maintient l’ex-président sénégalais à cinq soutiens, tandis que Rebeca Grynspan prend l’avantage.

Kenya : la méga-raffinerie de Lamu divise déjà avant sa construction

Au Kenya, le groupe Dangote a lancé à Lamu le chantier d’une raffinerie de 700.000 barils par jour, estimée à 16 milliards de dollars.

Cinéma africain : au-delà de la production, une expression politique et sociale

Le cinéma africain reflète les crises et réalités du continent, tout en affirmant son identité et en profitant du numérique pour élargir sa diffusion.

Guinée-Bissau : Umaro Embaló prépare son retour électoral

En Guinée-Bissau, l’ancien président Umaro Embaló annonce son retour et sa candidature à la présidentielle du 6 décembre, près d’un an après le coup d’Etat militaire.
pub