PLF 2025 : le Mali prévoit 135 millions de dollars pour les dépenses électorales

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PLF 2025 : Le Mali prévoit 135 millions de dollars pour les dépenses électoralesÉlection présidentielle malienne de 2018 © AP
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Dans le cadre de son projet de Loi de finances 2025, le Mali va consacrer 80,75 milliards FCFA (environ 134,8 millions de dollars) aux dépenses électorales, selon un rapport consulté par l’Agence Ecofin. Nos confrères soulignent que le document ne donne pas de détails sur la façon exacte dont ces fonds seront dépensés, les chiffres publiés par les autorités maliennes montrent qu’il s’agit en réalité d’une augmentation des fonds alloués aux dépenses électorales en 2024.

Pour cette année en cours, ce ne sont pas moins de 117,9 millions de dollars qui ont été alloués à ce poste de dépense. Et selon le tableau des opérations financières de l’Etat malien (TOFE), ce chiffre devrait baisser à 16,6 millions de dollars en 2026 et 2027, traduisant ainsi une réduction de l’activité électorale sur ces deux années.

Le Mali se trouve dans une situation délicate, le pays n’a pas encore fixé de date pour ses prochaines élections, tandis que l’insécurité continue de poser de graves problèmes. En septembre 2023, le gouvernement de transition a annoncé le report de l’élection présidentielle, initialement prévue pour février 2024, sans préciser de nouvelle date. Ce report, justifié par des raisons techniques, a suscité des tensions concernant l’organisation électorale. Des acteurs politiques et de la société civile ont réclamé la tenue rapide d’une présidentielle, car la période de transition de 24 mois s’est terminée en mars 2024, laissant un «vide juridique».

Lire aussi : Mali : après trois mois de suspension, la politique peut reprendre

Face à ces revendications, le régime militaire a durci sa position en suspendant, dès avril, les activités des partis politiques et des associations, ainsi que leur couverture médiatique. Lors du dialogue national malien de mai dernier, il a été recommandé de prolonger la période de transition de trois ans supplémentaires et de permettre au colonel Assimi Goïta, actuel président de la Transition, de se présenter à la présidentielle. Par ailleurs, environ 10 millions de dollars seront alloués aux dépenses courantes de l’Autorité indépendante de gestion des élections, d’après les chiffres du projet de Loi de finances 2025.

Sur le plan économique, le Mali, qui s’apprête à voter un budget général marqué par une augmentation des dépenses de 5%, fait face à des défis de taille. La Banque mondiale souligne que le pays est confronté à une montée du coût de la vie, à une crise énergétique et à une pauvreté croissante. Les efforts de relance économique peinent à compenser les effets des sécheresses et à assurer une croissance durable.

 

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