Ouganda : une présidentielle sous tension marquée par des bureaux de vote qui n’ouvrent pas
Jeudi 15 janvier 2026, les élections présidentielle et législatives en Ouganda ont commencé dans un climat de confusion et de tension, plusieurs bureaux de vote restant fermés plusieurs heures après l’heure officielle d’ouverture, prévue à 7h du matin. Dans de nombreuses régions du pays, notamment à Kampala, Jinja et d’autres localités urbaines, les électeurs ont attendu sans pouvoir voter, faute de matériel électoral livré à temps ou en nombre suffisant.
Selon des témoins et des journalistes sur place, le matériel de vote n’était pas arrivé dans une grande partie des bureaux, et les machines biométriques destinées à vérifier l’identité des électeurs ne fonctionnaient pas ou étaient indisponibles, ce qui a encore ralenti l’ouverture effective des scrutins.
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Face à ces dysfonctionnements, l’opposition invoque une stratégie délibérée du gouvernement pour entraver le processus électoral. David Lewis Rubongoya, secrétaire général du principal parti d’opposition, la Plateforme de l’unité nationale (NUP), a dénoncé une action « délibérée » du pouvoir en place, affirmant que dans de nombreux endroits, le vote n’avait pas commencé du tout et que seuls les bureaux situés dans des zones favorables au pouvoir ou près des casernes militaires avaient ouvert normalement.
Un scrutin sous haute surveillance politique
Ce vote se déroule alors que le président sortant, Yoweri Museveni, 81 ans et au pouvoir depuis 1986, brigue un septième mandat, un objectif contesté par son principal rival, l’opposant Bobi Wine, ancien chanteur devenu figure politique.
L’opposition et certains observateurs voient dans les retards et les problèmes logistiques un moyen de réduire volontairement la participation, notamment dans les zones urbaines et chez les électeurs qui soutiennent Bobi Wine. Certains responsables de l’opposition ont même qualifié cette situation de tentative de fausser le scrutin en limitant l’accès au vote.
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À ces difficultés s’ajoutent une coupure d’internet imposée par les autorités, censée empêcher la diffusion de « désinformation », mais dénoncée par les opposants comme un outil de surveillance et de contrôle des communications pendant l’élection.