Nigeria : Ali Dangote dote le pays de la première méga-raffinerie de pétrole

Temps de lecture :
Dangote cible 40% de réduction sur les dépenses en dollars du NigeriaLe président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à couper un ruban lors de la mise en service de la raffinerie Dangote Petroleum à Ibeju-Lekki, Lagos, Nigeria le 22 mai 2023. © TEMILADE ADELAJA / REUTERS
A A A A A

Avec sept ans de retard, le président sortant du pays, Muhammadu Buhari, a inauguré ce lundi 22 mai, à Lekki, dans la périphérie de Lagos, la première raffinerie privée de pétrole brut du pays. Elle est détenue par l’homme d’affaires milliardaire, Ali Dangote, qui concrétise ainsi un vieux rêve pour les Nigérians.

Lire aussi : Nigeria, le géant de l’Afrique doit trouver une nouvelle voie

Cette inauguration est en quelque sorte le cadeau d’adieu du président Buhari au Nigeria, une semaine pile avant de quitter le pouvoir. Et c’est un projet titanesque dont le coût s’élève à près de 20 milliards de dollars, l’un des plus gros investissements du Nigeria. Plus qu’une infrastructure industrielle, la méga-raffinerie ambitionne de répondre entièrement aux besoins en carburant du pays le plus peuplé d’Afrique et même d’en exporter sur le continent.

Lire aussi : L’Afrique appelée à exploiter ses immenses richesses naturelles (Banque mondiale)

Devant ce parterre de personnalités politiques et de rois, Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a promis de sortir le Nigeria des pénuries d’essences à répétition : «Dans l’année qui vient, nous allons proposer un produit raffiné de qualité, et ainsi, nous pourrons éliminer notre dépendance, et mettre fin une fois pour toute à l’essence frelatée qui a envahi notre marché.»

D’autres chefs d’État de la sous-région ont également fait le déplacement : Macky Sall (Sénégal) ou Mohamed Bazoum (Niger), preuve de l’importance régionale de cette gigantesque infrastructure. En revanche, le président élu, Bola Tinubu, n’était pas présent. Il était représenté par son vice-président, Kashim Shettima.

Lire aussi : Bola Tinubu, le «faiseur de roi» désormais président du Nigeria

Cet ambitieux projet promet, également, de stimuler la croissance, alors que ces dernières années ont été marquées par une grave détérioration de la situation économique dans le pays le plus peuplé d’Afrique (215 millions d’habitants).

À terme, la raffinerie de Dangote doit produire 650.000 barils de produits raffinés par jour : essence, diesel, kérosène. De quoi couvrir entièrement les besoins en carburant du Nigeria et même d’exporter un surplus.

«La raffinerie Dangote est la plus grande raffinerie africaine, une des plus grandes au monde, elle va évidemment complètement changer la donne non seulement au Nigeria mais aussi dans toute la région. Et si toute la production – ce n’est évidemment pas le cas – allait vers le marché nigérian, elle pourrait couvrir tous les besoin du Nigeria», s’est félicité l’homme le plus riche du continent.

Lire aussi : L’exploitation des hydrocarbures au centre de la crise diplomatique entre le Tchad et le Cameroun

Preuve de l’implication de l’État, l’usine est détenue à 20 % par la Nigeria National Petroleum Co., la compagnie pétrolière d’État, qui s’est en tout cas engagée à fournir 300.000 barils de brut.

Un accord pas forcément équilibré aux yeux de certains analystes, mais le président Muhammadu Buhari s’est félicité de ce partenariat dans un contexte économique difficile : «Vu la situation, notre gouvernement a été obligé de créer un environnement propice au secteur privé, pour que celui-ci se développe et comble le manque criant d’investissement, non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans tous les autres secteurs en tension.»

Mais beaucoup de questions restent en suspens. Lors de son discours, Aliko Dangote a annoncé que la production de sa raffinerie serait sur le marché d’ici au mois d’août, mais il est probable que celle-ci ne tourne pas à plein régime immédiatement.

Recommandé pour vous

Tunisie : appel à des avantages fiscaux pour le paiement électronique

En Tunisie, Sofiène Ouermi propose des incitations fiscales pour le paiement électronique. Une piste clé pour réduire l’usage du cash.

Le budget éthiopien 2026/2027 grimpe à 14,5 milliards de dollars

Le budget éthiopien atteint 14,5 milliards de dollars pour 2026/2027. Une hausse marquée à suivre dans une économie encore sous pression.

Rwanda : 35,7 millions de dollars débloqués par le FMI

Le FMI a accordé au Rwanda un premier décaissement de 35,7 millions de dollars dans le cadre d’un programme de 250 millions destiné à soutenir l’économie et les réformes.

Tunisie : le e-commerce peine à s’imposer

En Tunisie, le commerce en ligne ne séduit que 8,7% des consommateurs. Découvrez les freins qui ralentissent encore ce marché numérique.

Côte d’Ivoire : une croissance moyenne de 6,8% visée d’ici 2029

La Côte d’Ivoire anticipe une croissance moyenne de 6,8 % entre 2027 et 2029, portée par les recettes internes, l’investissement public et une dette jugée soutenable.

Or africain : Pékin retarde l’acquisition d’Allied Gold par Zijin Mining

Pékin reporte au 29 juillet le rachat d’Allied Gold par Zijin Mining suite à des doutes sur la prime payée et les risques au Mali, où se situe la moitié de la production visée.
pub