Mort de Jimmy Cliff, l’amoureux fidèle de l’Afrique

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Mort de Jimmy Cliff, l'amoureux fidèle de l'AfriqueJimmy Cliff lors d'un festival de reggae à Benicassim, en Espagne, le 16 août 2014 © Jose Jordan/AFP/Archives
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Légende vivante de la musique jamaïcaine, Jimmy Cliff s’est éteint le 24 novembre 2025 à l’âge de 81 ans. Derrière ses tubes planétaires comme « Reggae Night » ou « Hakuna Matata », le chanteur a entretenu tout au long de sa carrière un lien profond, politique et artistique avec l’Afrique, qu’il considérait comme la terre de ses ancêtres.

Lorsque Jimmy Cliff foule pour la première fois le sol africain, en 1974, c’est au Nigeria. A peine descendu de l’avion, il découvre une ferveur inattendue : une foule l’attend à l’aéroport, symbole de l’énorme influence du reggae sur un continent qui s’identifie à sa puissance sociale et contestataire. Dans les jours qui suivent, il enchaîne les concerts, attire même Fela Kuti, qui l’invite à la mythique République de Kalakuta. Mais le séjour tourne court, une affaire de contrat l’entraîne brièvement en détention. Un épisode qu’il racontera en musique dans « The News », sans jamais altérer son attachement au continent.

Jimmy Cliff, une vie, un art

Né en 1944 dans un village rural de Jamaïque, James Chambers, de son vrai nom, grandit dans la pauvreté avant d’être envoyé à Kingston. Très tôt fasciné par la musique, il enregistre son premier 45 tours en 1962, contribuant indirectement à lancer la carrière d’un autre jeune artiste jamaïcain, nul autre que Bob Marley. Dès la fin des années 60, avec des titres comme « Vietnam », il devient un porte-voix des luttes sociales, préfigurant le rôle politique que prendra le reggae en Afrique.

A partir de la fin des années 70, Jimmy Cliff se fait véritable ambassadeur du reggae sur le continent. Il tourne au Sénégal, en Gambie, en Sierra Leone, recrute des musiciens locaux comme le Malien Cheick Tidiane Seck, et collabore avec la choriste sud-africaine Aura Lewis. Son engagement lui vaut parfois la censure, « Remake The World » est interdit en Afrique du Sud par le régime ségrégationniste. Pourtant, il y chantera en 1980 devant près de 20.000 personnes à Soweto, vêtu d’un treillis militaire, dans un concert devenu mythique.

Dans les décennies suivantes, il multiplie les concerts au Maroc, en Tunisie, à Madagascar, au Zaïre ou en Côte d’Ivoire. Le continent inspire directement sa musique, de Meeting in Afrika à Refugees (2022). Il collabore avec de nombreux artistes africains, du percussionniste ghanéen Rebop Kwaku Baah au Camerounais Lapiro de M’Banga, et enregistre même avec l’OK Jazz de Franco et l’Afrisa International de Tabu Ley.

Avec plus de quarante albums, quatre Grammy Awards et une carrière traversant six décennies, Jimmy Cliff laisse un héritage immense. Mais c’est peut-être en Afrique, où ses chansons sont devenues hymnes populaires, que son influence s’avère la plus profonde.

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