Métastase terroriste

Jusqu’où ira l’hydre du terrorisme au Sahel ? Après avoir endeuillé pendant plus d’une décennie le Niger et le Burkina Faso, c’est désormais le Bénin qui est dans la ligne de mire. L’attaque meurtrière de la semaine dernière menée au nord du pays, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, a fait 54 morts dans les rangs de l’armée béninoise. C’est le bilan le plus lourd des attaques menées jusqu’à présent dans ce « triangle de la mort ». Le choc est immense au sein de la population.
Le nord du Bénin, confronté à des attaques des terroristes qui écument dans la sous-région, paie au prix fort le manque de coopération entre Cotonou et ses voisins sahéliens. La junte au pouvoir au Niger, refuse toute mutualisation de la lutte anti-terroriste avec le Bénin au motif que ce dernier entretient des bonnes relations avec la France. Et qu’il abriterait des bases françaises. Ce qui est évidemment faux.
En gros, comme leur maison brûle déjà, les militaires nigériens et maliens ne voient pas d’intérêt à aider leur voisin à éteindre l’incendie chez lui. « Si le Bénin fait des efforts en solo et que de l’autre côté, il n’y a pas de répondant, il restera en crise avec des groupes terroristes qui auront trouvé un eldorado à ses frontières », met en garde un chercheur béninois. De son côté, la Cédéao, dans un aveu d’impuissance, s’est contentée de rappeler « l’impérieuse nécessité d’une coopération indispensable et renforcée entre tous les États membres ».
Au-delà de cette impuissance, il va falloir que l’on nous dise un jour d’où proviennent l’argent, le carburant et les armes qui permettent aux groupes terroristes de semer la mort depuis vingt ans au Sahel. On sait qu’ils s’étaient massivement servis dans les stocks abandonnés par l’armée de Kadhafi, alors en fuite en 2011. Mais il est aussi de notoriété publique que les anciens de l’ex-GIA algérien se sont réfugiés au Sahel, peut-être avec la complicité de certains États.