Mali : le PDG d’une compagnie minière canadienne arrêté

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Mali : un tribunal suspend la dissolution des partis politiquesAssimi Goita, chef du Conseil militaire et président de la transition du Mali. © DR
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Les autorités de la transition malienne ont procédé à l’arrestation du président directeur général de Resolute Mining, Terence Holohan et deux de ses collaborateurs à Bamako, a indiqué un communiqué de la société australienne. Cette pratique commence à devenir monnaie courante au Mali, puisque c’est la deuxième fois en moins de trois mois que les autorités ont recours à la détention d’employés miniers, alors qu’elles reprochent aux producteurs d’or diverses infractions financières.

Selon la compagnie, «les dirigeants se trouvaient à Bamako pour discuter avec les autorités minières et fiscales des activités générales liées aux pratiques commerciales de la société au Mali, ainsi que pour faire avancer les plaintes ouvertes qui ont été déposées contre Resolute et qui, selon la société, ne sont pas fondées».

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Avec la détention du PDG de Resolute Mining dont la compagnie est cotée en bourse, le gouvernement espère faire mettre la pression. Les producteurs sont accusés d’avoir causé un manque à gagner de 300 à 600 milliards FCFA (490 à 980 millions de dollars) à l’État ces dernières années, selon un audit des mines d’or, achevé en 2023. Pour recouvrer les fonds, Bamako a initié des négociations avec les compagnies minières et c’est à l’occasion de ces discussions que Terence Holohan a été arrêté.

Si aucun consensus n’est trouvé entre les deux parties, les trois hauts responsables de Resolute risquent d’être inculpés, d’autant plus que le gouvernement reste pour le moment inflexible. La compagnie canadienne détient actuellement 80% des parts de la société propriétaire de la mine d’or de Syama. Les 20% restants sont entre les mains de l’État malien.

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Pour rappel, au mois d’octobre, l’arrestation de quatre employés de Barrick, a conduit à un communiqué de la compagnie annonçant un accord avec les autorités maliennes, dont les termes restent inconnus. Toutefois, le Mali avait accusé Barrick de violation des termes, laissant entendre que cela pourrait aboutir au non-renouvellement de l’un des permis de la compagnie arrivant à expiration en 2026.

Le PDG de Barrick, Mark Bristow, a assuré qu’un accord définitif serait trouvé d’ici la fin de l’année. La société avait proposé 55% des bénéfices de la mine Loulo-Gounkoto, la plus grande du pays, tandis que le Mali réclame environ 500 millions de dollars en impayés et souhaite adapter les mines au nouveau code minier.

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