Mali : l’armée reprend le contrôle de la ville stratégique de Kidal

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Sur la route de KidalAux abords de la ville stratégique de Kidal © DR
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Dans une offensive stratégique longtemps attendue, l’armée malienne a repris le contrôle de Kidal. Une ville clé du nord du pays, qui était dans les mains des séparatistes touaregs. Cette victoire marque un tournant majeur pour le gouvernement central. Celle-ci symbolise un regain de souveraineté après des années d’absence de l’État dans cette zone stratégique.

L’événement, survenu mardi, représente un succès important pour les colonels qui ont pris les rênes du pays en 2020. En effet, le Mali souffre depuis 2012 d’une propagation terroriste persistante et d’une crise sécuritaire et politique sévère. C’est pourquoi ce revirement de situation est salué par plusieurs partis et organisations. Et dans les rues, des célébrations avec des drapeaux nationaux ont éclaté sur la place de l’Indépendance à Bamako.

Le gouvernement du Burkina Faso, voisin du Mali et dirigé également par des militaires, a loué cette réalisation. Il a aussi souligné son importance cruciale dans la lutte contre les groupes armés au Sahel. Et de confirmer son soutien ferme aux autorités maliennes.

Une victoire bien méritée

Cette conquête de Kidal s’inscrit dans une offensive terrestre soutenue par des moyens aériens. L’opération a notamment nécessité la mobilisation d’avions et de drones pour donner un avantage stratégique à l’armée malienne. Elle aurait aussi impliqué des mercenaires de Wagner. Rappelons que la présence dans le pays de ce groupe de sécurité russe est contestée par la junte au pouvoir.

De son côté, le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, a annoncé la prise de Kidal lors d’une diffusion spéciale à la télévision d’État. Les rebelles du Cadre stratégique permanent (CSP), alliance de groupes rebelles armés, ont pour leur part admis leur retrait de la ville. Ils ont expliqué leur retraite par des raisons stratégiques après une résistance de plusieurs jours, infligeant des pertes à l’armée et à Wagner.

Kidal, berceau des mouvements indépendantistes, était devenu un point nodal vers l’Algérie. Mais sa capture par l’armée malienne l’a vidée d’une grande partie de sa population depuis quelques années. D’où toute l’importance de cette conquête. Elle marque un revirement crucial, l’armée malienne n’ayant que peu maintenu sa présence à Kidal. C’est 2014 que les rebelles touaregs ont pris le contrôle de la ville après des affrontements avec le Premier ministre de l’époque, Moussa Mara.

La stabilité et la sécurité incertaines du Mali

Cette reprise de Kidal intervient après une période de relative stabilité où les séparatistes avaient assuré la sécurité dans la région. Cependant, les terroristes poursuivaient leurs attaques contre l’État malien et les forces étrangères. Les extrémistes avaient ainsi étendu leur influence au centre du Mali et dans les pays voisins.

Néanmoins, cette avancée vers Kidal est entachée de violence. Des attaques contre une importante colonne militaire en route vers la ville et des pertes civiles lors de frappes aériennes. Des drames que l’armée a fortement contestés.

Malgré cette victoire, les autorités maliennes ont souligné que leur mission n’était pas achevée, affirmant leur volonté de recouvrer et sécuriser l’intégrité du territoire. La diplomatie malienne a qualifié cette avancée de «considérable», mettant en avant la pertinence des choix stratégiques opérés par le pays.

La reprise de Kidal par l’armée malienne représente un jalon crucial dans le rétablissement de la souveraineté de l’État dans une région autrefois rebelle. Mais elle soulève également des questions sur la stabilité future et les répercussions de cette victoire sur l’équilibre régional.

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