Le Tchad ordonne le rappel immédiat de ses diplomates
Le ministère tchadien des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine a rappellé tous ses diplomates en poste à l’étranger, ainsi que leurs familles, dans un délai de dix jours après réception de leurs billets d’avion. La mesure, détaillée dans une note circulaire datée du 20 janvier 2026 et obtenue par Afrique en Plus, prévoit des sanctions sévères pour les récalcitrants.
Une instruction formelle, au risque de sanction
La note, émise par la direction des Ressources humaines et des Moyens généraux, s’adresse à toutes les ambassades et consulats tchadiens dans le monde. Elle stipule que chaque agent diplomatique et membre de sa famille doit retourner au Tchad dans les dix jours suivant la réception de ses titres de transport, entièrement pris en charge par l’État. L’Inspection générale des services supervise directement cette opération, témoignant d’une organisation centralisée et contrôlée depuis N’Djamena.
Le ministère a insisté sur le caractère obligatoire et immédiat de la mesure : tout manquement entraînera des sanctions automatiques, sans recours possible, incluant la suspension du traitement salarial et la suspension de tous les avantages et indemnités liés à la fonction diplomatique.Cette rigueur exceptionnelle souligne le caractère urgent et impérieux du rappel.
Des motivations encore inconnues
À ce stade, le gouvernement n’a fourni aucune explication officielle sur ce rappel massif et soudain. Une telle décision, touchant l’ensemble des représentations diplomatiques tchadiennes dans le monde, reste extrêmement rare dans les pratiques internationales.
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Parmi les hypothèses avancées par des observateurs une restructuration urgente du ministère des Affaires étrangères et du réseau diplomatique, ou la préparation d’un événement politique national majeur, nécessitant la présence de tous les hauts fonctionnaires, ou une mesure interne liée à une enquête ou un audit approfondi des services diplomatiques.
Les tentatives pour obtenir des précisions de N’Djamena sont, pour l’heure, restées sans réponse. Cette décision s’inscrit dans un climat politique et sécuritaire particulièrement sensible au Sahel. Le Tchad, acteur clé de la région et membre influent de la CEMAC, fait face à des défis économiques et sécuritaires majeurs, rappelés récemment par le FMI.
Le calendrier régional est également chargé, notamment par l’organisation d’un sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC est prévu à Brazzaville ce jeudi 22 janvier pour examiner les urgences économiques.
Dans ce contexte, certains analystes s’interrogent sur d’éventuelles corrélations entre ces mouvements diplomatiques et les événements politiques à venir. La communauté internationale et les organisations régionales suivront de près les prochaines déclarations de N’Djamena, qui devront clarifier les motivations de cette décision radicale et inédite.