Le rail en Afrique : renaissance d’une voie cruciale

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Le rail en Afrique : renaissance d’une voie crucialeImage d'illustration © DR
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Pendant des décennies, les chemins de fer avaient joué un rôle majeur dans l’urbanisation de nombreuses villes africaines. Toutefois, ils sont passés au second plan après la période coloniale. Ces dernières années, les pays du continent redécouvrent l’importance stratégique de ce mode de transport. Mais qu’est-ce qu’implique ce regain d’intérêt pour le secteur ferroviaire en Afrique ?

Le retour en force du rail en Afrique

Le «Dakar-Niger», une ligne ferroviaire reliant la capitale de l’AOF à Koulikoro au Mali, était jadis la principale liaison ferroviaire de l’Afrique francophone. Mais avec le temps, les chemins de fer ont perdu leur prééminence face à la concurrence acharnée de la route. La plupart des pays africains, à l’exception du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud, ont négligé le secteur ferroviaire. Pour causes : des problèmes de gouvernance, de vétusté des infrastructures et de manque de financements et de modernisation.

Cependant, récemment, l’Afrique a réaffirmé l’importance cruciale du rail dans la mobilité et l’intégration africaine. Ce dernier est d’ailleurs un élément clé pour la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Ce potentiel ferroviaire est affirmé par des compagnies nationales ou sous concession. Par exemple, la Société nationale des chemins de fer du Sénégal (CFS) tente de rétablir la connexion avec le Mali. Il s’agit de rétablir aussi des lignes qui relient les côtes à l’hinterland dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Cameroun.

Atouts du rail

Le rail offre des avantages considérables par rapport à la route. Selon le premier ministre sénégalais, le coût par kilomètre de voie ferroviaire réhabilitée est inférieur de 50% à celui d’une route à deux voies, avec une durabilité supérieure. Les routes doivent être refaites tous les 7 à 10 ans, contre 15 à 20 ans pour les voies ferrées. De plus, le rail consomme moins d’énergie et a une empreinte carbone plus faible que la route et les avions, contribuant ainsi au développement durable.

Un nouveau souffle pour les compagnies ferroviaires

Ce regain d’intérêt pour le rail a par ailleurs galvanisé les compagnies ferroviaires nationales. Au Sénégal, la CFS est en pleine renaissance sous la direction de Malick Ndoye. Ce dernier a tenu à raviver certaines liaisons ferroviaires. En Côte d’Ivoire, la Sitarail a proposé un plan d’investissements pour le renouvellement de la voie ferrée et la modernisation du matériel roulant. Même constat au Cameroun. La société Camrail a déjà rénové plus de 330 km de voie, réhabilité des ponts et des ouvrages hydrauliques.

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