Le Niger et le Burkina Faso se retirent de l’OIF

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Le Niger et le Burkina Faso se retirent de la FrancophonieLe président Burkinabé, Ibrahima Traoré et son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani . DR
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Les autorités de la transition nigérienne ont officiellement annoncé leur retrait définitif de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision a été communiquée par Laouali Labo, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères nigérien, dans une lettre adressée aux ambassadeurs du pays, ce lundi 17 mars.

«Le gouvernement nigérien a décidé souverainement du retrait du Niger de l’Organisation internationale de la Francophonie», peut-on lire dans le texte. Toutefois, le gouvernement nigérien n’a pas détaillé les motivations de cette décision.

Lire aussi : Niger : la Croix rouge sommée de quitter le pays

Ce retrait marque une nouvelle étape dans la rupture entre Niamey et les institutions internationales. Le Niger avait déjà suspendu sa coopération avec l’OIF quelques mois après le coup d’État perpétré contre l’ex-président Mohamed Bazoum. L’organisation francophone, qui avait condamné le putsch et réclamé un retour à l’ordre constitutionnel, avait alors décidé de suspendre le pays de ses instances.

L’OIF regrette ce départ

L’annonce du retrait nigérien a été confirmée par la porte-parole de l’OIF, Oria K. Vande Weghe, sur TV5 Monde. Elle a exprimé le regret de l’organisation face à cette décision, tout en affirmant qu’elle continuerait de soutenir le peuple nigérien. Selon elle, l’OIF se considère comme une victime collatérale du contexte géopolitique actuel.

Par ailleurs, le Burkina Faso, également dirigé par un régime militaire, a déjà engagé une démarche similaire de retrait. Cependant, cette décision n’a pas encore été officiellement annoncée par Ouagadougou. Le Mali, allié du Niger et du Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), pourrait aussi suivre cette voie, même si aucune démarche officielle n’a été signalée jusqu’à présent.

Ces retraits successifs illustrent l’éloignement progressif de ces États envers les institutions francophones et leur volonté de redéfinir leur position diplomatique. Fondée en 1970, l’OIF, dont le siège est à Paris, compte désormais 91 États et gouvernements membres. Elle a pour mission de promouvoir la langue française, la diversité culturelle, la démocratie et les droits de l’homme.

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