Le Burkina Faso sous haute tension après une nuit de soupçons de coup d’État
La nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier a été marquée par une forte nervosité au Burkina Faso. À Ouagadougou comme à Bobo-Dioulasso, des mouvements inhabituels ont été observés après des rumeurs persistantes faisant état d’une tentative de déstabilisation du pouvoir en place. Des associations proches de la Veille citoyenne, favorables au régime militaire, ont appelé leurs membres à descendre dans la rue pour s’opposer à ce qu’elles qualifient de projet de coup d’État.
Dans la capitale, plusieurs sites militaires ont été placés en état d’alerte. Des sources sécuritaires évoquent une situation jugée « sensible », sans fournir davantage de précisions. Ce dimanche matin, un important dispositif était toujours visible aux abords du camp Baba-Sy, renforçant le sentiment d’inquiétude parmi les habitants.
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Arrestations et accusations ciblées
Des médias acquis aux autorités actuelles ont fait état de plusieurs interpellations au sein des forces armées. Ils pointent du doigt l’ancien président de transition, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, accusé d’orchestrer cette tentative depuis son exil au Togo, où il réside depuis son renversement en septembre 2022. Ces accusations interviennent dans un contexte déjà tendu, après l’arrestation, fin septembre, de militaires soupçonnés d’atteinte à la sûreté de l’État.
Parallèlement, des centaines de partisans du capitaine Ibrahim Traoré, connus sous le nom de Wayignans, ont occupé ronds-points et places publiques durant la nuit. Ils souhaitent faire front contre toute velléité de putsch. Sur les réseaux sociaux, plusieurs pages de soutien au chef de l’État ont évoqué un plan incluant des menaces ciblées contre des soldats réputés loyaux au pouvoir actuel.