La striure brune du manioc menace l’Afrique subsaharienne

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La striure brune du manioc menace l’Afrique subsaharienneManioc © DR
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Le manioc constitue l’un des piliers de l’alimentation en Afrique subsaharienne, juste derrière le maïs. Pourtant, cette culture essentielle pourrait être fragilisée par la progression d’une maladie virale redoutée par les agriculteurs : la striure brune du manioc. Des chercheurs alertent sur une possible extension rapide de cette pathologie vers de nouvelles régions du continent.

Selon une étude scientifique publiée le 16 janvier 2026 dans l’East African Journal of Science, Technology and Innovation, la maladie pourrait étendre son aire climatique potentielle à près de 33,7% des terres africaines. Les travaux, menés notamment par des chercheurs affiliés à l’Université de Stellenbosch en Afrique du Sud, ont utilisé des modèles de distribution des espèces pour identifier les zones favorables à la culture du manioc et celles propices au développement de la maladie.

Les résultats montrent que plus de la moitié du territoire africain — environ 54,6% du continent, soit près de 16,2 millions de kilomètres carrés — présente aujourd’hui des conditions adaptées à la culture du manioc, principalement dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique subsaharienne. En parallèle, environ 10,2 millions de kilomètres carrés pourraient offrir un environnement favorable à la propagation de la striure brune, considérée comme la maladie virale la plus destructrice pour cette plante.

Lire aussi : Ghana : une insécurité alimentaire persistante malgré des progrès récents

Une maladie susceptible de gagner l’Afrique de l’Ouest

La striure brune provoque une nécrose des racines du manioc, la partie consommée, ce qui rend les récoltes impropres à la consommation. Historiquement, les foyers de la maladie se concentrent sur les côtes de la Tanzanie et du Mozambique. Toutefois, les projections scientifiques identifient plusieurs zones vulnérables dans les années à venir, notamment autour des Grands Lacs, en Tanzanie, en Ouganda et dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

Des pays comme le Malawi, le Rwanda, le Burundi, l’Angola ou encore le nord de la Zambie sont également considérés à risque. Plus inquiétant encore, les modèles scientifiques suggèrent que les conditions environnementales pourraient devenir favorables à la propagation de la maladie en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigeria.

Cette expansion potentielle s’explique en partie par le changement climatique. L’augmentation des températures et l’évolution des régimes pluviométriques favorisent la progression de la mouche blanche, insecte vecteur du virus. Autre facteur aggravant : la circulation de matériel végétal contaminé, souvent échangé via des circuits informels.

Face à cette menace, les chercheurs recommandent le développement de variétés de manioc résistantes ainsi que la mise en place de systèmes de distribution de boutures certifiées et contrôlées. Ces mesures sont jugées essentielles pour protéger une culture stratégique pour la sécurité alimentaire de millions d’Africains.

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