La RDC prépare sa première émission d’eurobond de 750 millions de dollars
La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une étape sur les marchés financiers internationaux avec le lancement, prévu en avril, de sa toute première émission d’eurobond. L’opération vise à mobiliser 750 millions de dollars pour financer des projets structurants, principalement dans les infrastructures.
Annoncée par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, cette émission inaugurale constitue la première tranche d’un programme obligataire plus large, validé par le Conseil des ministres, pouvant atteindre jusqu’à 1,5 milliard de dollars sur l’ensemble de l’année 2026. Les autorités entendent ainsi répartir les levées de fonds dans le temps afin de maîtriser les risques financiers.
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Portée par la hausse des cours des métaux stratégiques, notamment le cuivre et l’or, ainsi que par une dynamique de croissance soutenue, la RDC espère séduire les investisseurs internationaux. Le pays met en avant une inflation maîtrisée autour de 2% et un ratio dette/PIB estimé à 18,5% fin 2024, l’un des plus faibles d’Afrique subsaharienne.
Stratégie financière et crédibilité auprès des investisseurs
Avec cette opération, Kinshasa cherche également à améliorer son image auprès des marchés, longtemps affectée par l’instabilité politique et sécuritaire. « Nous voulons une offre bien structurée, garantissant la soutenabilité budgétaire sans exposition excessive aux risques », a souligné le ministre des Finances.
L’émission de 750 millions de dollars sera conduite par Citigroup, en collaboration avec Rawbank, ainsi que les cabinets Rothschild & Co. et White & Case LLP. Si l’intérêt des investisseurs est jugé probable, les analystes anticipent toutefois des rendements relativement élevés, compte tenu du profil de risque du pays. A titre de comparaison, la République du Congo avait proposé un rendement de 13,7% lors d’une émission récente.
Notée B3 par Moody’s, au même niveau que le Nigeria et l’Angola, la RDC bénéficie néanmoins de perspectives macroéconomiques favorables. Le FMI table sur une croissance moyenne de 5,4% par an jusqu’en 2030, avec des réserves de change dépassant 7,4 milliards de dollars, soit environ trois mois d’importations.
Les fonds levés serviront à financer un portefeuille de projets estimé à 3 milliards de dollars, concentré sur l’énergie et les infrastructures. A terme, les autorités congolaises souhaitent instaurer une relation durable avec les marchés financiers afin de soutenir le développement économique du pays.