Irresponsables

Temps de lecture :
Kenya : comment lutter contre la pollution plastique ?Image d'illustration © DR
A A A A A

A l’instar de ces petites unités clandestines qui fabriquent les sachets plastiques au Maroc, l’industrie mondiale de la « mika » jubile. Et pour cause, l’échec du sommet de Genève sur la pollution plastique leur ouvre un énorme boulevard. Les délégués de 185 gouvernements qui ont négocié pendant 10 jours dans la métropole helvétique, n’ont pas réussi à trouver un compromis sur le traité interdisant le plastique. Et tant pis pour la santé des populations exposées aux dangers que représentent les microplastiques. Pourtant, les scientifiques sont formels : le recyclage du plastique ne suffit pas, et ne neutralise pas la menace de déchets plastiques sur la santé humaine. Partout dans le monde, ces particules envahissent les océans, les fleuves et rivières, remontent la chaîne alimentaire et, sous forme de nanoparticules, pénètrent dans le sang, perturbant le bon fonctionnement des organes vitaux.

Cet avertissement est inaudible auprès des pays pétroliers, notamment les pays du Golfe, les Etats-Unis, la Russie, l’Iran ou la Malaisie qui ont torpillé tous les efforts pour parvenir à un compromis acceptable. Ils ont rejeté toute contrainte sur la production d’hydrocarbures à la base de l’industrie plastique et toute interdiction de molécules ou additifs dangereux. Ces pays ne supportaient pas que la négociation ait été basée sur « toute la durée de vie » du plastique, c’est-à-dire depuis la substance dérivée du pétrole jusqu’à son état de déchets.

Loin du Palais des Nations qui abritait les négociations, les industriels d’emballages et de bouteilles en plastique, sabraient le champagne dans les palaces genevois. Car ils sont aussi des grands gagnants de l’échec du sommet de Genève. Pendant ce temps, la machine à polluer tourne à plein régime. La production du plastique est estimée actuellement à 450 millions de tonnes par an dont moins de 10% sont recyclés. Le reste se retrouve, entre autres, dans les décharges sauvages et les artères de beaucoup de villes africaines. Il suffit de voir le spectacle après la pluie.

Recommandé pour vous

Réputation, leadership et impact : les Africains qui comptent en 2026

Afrique - Le palmarès des 100 Africains les Plus Réputés 2026 met en lumière des figures de gouvernance, d’innovation, de culture et de sport dont l’intégrité et l’impact redéfinissent le récit de l'Afrique.

Amande et cajou : 1,5 million de tonnes produites en Côte d’Ivoire

Économie - La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial d'anacarde, pourrait atteindre 1,5 million de tonnes en 2025, franchissant ainsi une nouvelle étape dans sa production.

Violences dans l’Ouest du Soudan : l’ONU réclame un accès humanitaire sans entrave

Société - L'ONU appelle à un accès humanitaire sans entrave en Ouest du Soudan face aux violences croissantes.

Le Burkina Faso sous haute tension après une nuit de soupçons de coup d’État

Afrique - Tension extrême au Burkina Faso après une nuit agitée à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Alertes sécuritaires, arrestations, accusations contre l’ex-président Damiba et mobilisation de partisans d’Ibrahim Traoré ravivent les craintes de déstabilisation.

Éthiopie : un accord de principe sur la restructuration de son eurobond 2024

Afrique - L’Éthiopie a annoncé un accord de principe avec ses créanciers privés pour restructurer son eurobond de 1 milliard de dollars arrivant à échéance en 2024.

Sénégal : Diomaye Faye dévoile un plan d’investissements de plus d’un milliard de dollars pour 2026

Économie - Sénégal 2026  : un milliard de dollars pour l’éducation, la santé, les infrastructures, l’eau, l’énergie, le numérique et le logement, renforçant l’inclusion et la souveraineté.
pub