Ghana : une insécurité alimentaire persistante malgré des progrès récents
L’insécurité alimentaire demeure l’un des défis sociaux majeurs en Afrique de l’Ouest. Hausse des prix des denrées, effets du changement climatique et fragilités économiques structurelles contribuent à fragiliser l’accès à une alimentation suffisante et nutritive pour des millions de personnes. Au Ghana, cette réalité reste particulièrement marquée, malgré certains signaux encourageants observés ces dernières années.
Une vulnérabilité alimentaire toujours préoccupante
Selon le Service ghanéen des Statistiques (GSS), environ 12,5 millions de personnes, soit 38,1% de la population, vivent encore en situation d’insécurité alimentaire. Cette donnée, issue d’un rapport couvrant la période du premier trimestre 2024 au troisième trimestre 2025, illustre l’ampleur du phénomène. Certes, près de 900.000 personnes sont sorties de cette situation entre le deuxième et le troisième trimestre 2025, mais la tendance générale observée depuis début 2024 reste à la hausse en matière de vulnérabilité.
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Lors de la présentation du rapport à Accra, le chef du GSS, Alhassan Iddrisu, a souligné que si 3,7 millions de personnes ont quitté l’insécurité alimentaire depuis 2022, le chiffre actuel demeure alarmant. Il appelle à une attention renforcée des pouvoirs publics et des partenaires au développement, estimant que des actions urgentes sont nécessaires pour inverser durablement la courbe.
Des inégalités structurelles mises en lumière
Au-delà des chiffres globaux, le rapport met en évidence de profondes disparités sociales. L’insécurité alimentaire touche de manière disproportionnée les ménages dirigés par des femmes, avec un taux atteignant 44,1% au premier semestre 2025. Cette réalité révèle des inégalités structurelles persistantes, liées à l’accès aux ressources économiques, à l’emploi et à la protection sociale.
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La dimension géographique joue également un rôle déterminant. Certaines régions, plus rurales ou moins dotées en infrastructures, concentrent une part importante des populations vulnérables. Pour les observateurs et médias locaux, ces données confirment que la lutte contre l’insécurité alimentaire au Ghana ne peut se limiter à des réponses ponctuelles. Elle nécessite des politiques structurelles intégrant la question du genre, du développement régional et de la résilience économique afin de garantir, à long terme, le droit à l’alimentation pour tous.