Gabon : la suspension des réseaux sociaux relance le débat sur la régulation numérique
À l’ère du numérique, les réseaux sociaux occupent une place centrale dans l’expression citoyenne, mais aussi dans la diffusion rapide de contenus problématiques. Dans plusieurs pays, les autorités sont confrontées à l’équilibre délicat entre liberté d’expression et préservation de la stabilité sociale. La Haute Autorité gabonaise de la Communication (HAC) a alors annoncé la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire, et ce jusqu’à nouvel ordre.
Une décision exceptionnelle au nom de l’ordre public
La mesure a été rendue publique à Libreville, à travers un communiqué lu à la télévision nationale. L’institution de régulation justifie cette décision par la diffusion répétée de contenus jugés « inappropriés, diffamatoires, haineux et injurieux », portant atteinte à la dignité humaine, à l’honneur des citoyens et à la cohésion sociale. Selon la HAC, ces publications menaceraient également la stabilité des institutions de la République ainsi que la sécurité nationale du Gabon.
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Les autorités estiment que les plateformes numériques sont devenues des espaces d’abus, utilisés par certains activistes pour nuire à la réputation d’institutions publiques, de personnalités et de citoyens, en violation des lois en vigueur. Cette situation aurait atteint un seuil critique nécessitant, selon la HAC, une intervention ferme et immédiate.
Entre responsabilité des plateformes et libertés numériques
Dans son communiqué, la HAC pointe également la responsabilité des opérateurs numériques internationaux. Elle dénonce une absence de volonté réelle de modération des contenus illicites, alors même que ces plateformes constituent les principaux canaux de diffusion des messages incriminés. Cette critique relance le débat sur la gouvernance mondiale du numérique et le rôle des géants technologiques dans la régulation des discours en ligne.
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Pour l’institution gabonaise, la prolifération de contenus haineux et diffamatoires comporte des risques majeurs : conflits sociaux, déstabilisation des institutions et remise en cause de l’unité nationale et des acquis démocratiques. Si la suspension est présentée comme une mesure de protection, elle soulève néanmoins des interrogations au sein de l’opinion publique sur l’accès à l’information et la liberté d’expression.