Égypte en tête, percées sahéliennes et surprises nord-africaines : le classement militaire africain 2026
L’Égypte conserve sa place de première puissance militaire du continent et figure au 19ᵉ rang mondial, avec un indice de puissance (Power Index) évalué à 0,3651. Ce chiffre synthétise plus de soixante indicateurs (effectifs, équipements, moyens logistiques, position géographique mais exclut explicitement la capacité nucléaire) que GFP combine pour produire une note comparative.
Parmi les mouvements notables de l’édition 2026, deux changements méritent d’être soulignés : la Tunisie fait son entrée dans le Top 10 africain, reléguant la Libye hors de cette première décade, et le Maroc gagne une place pour s’installer à la 6ᵉ position continentale, au détriment de l’Angola. Ces variations témoignent moins d’une révolution stratégique que d’un réajustement des capacités relatives entre pays, allant de l’acquisition de nouveaux équipements à l’évolution des effectifs ou la réévaluation des stocks, tel qu’interprété par l’algorithme de GFP.
Ce que mesure (et ce que ne mesure pas) l’indice de puissance
La méthode GFP repose sur un empilement de données quantitatives réparties en grandes familles : personnel (actifs et réservistes), blindés, aéronefs, unités navales, approvisionnement énergétique, infrastructures logistiques et budgets, entre autres.
L’agrégation aboutit à un score où 0,0000 représenterait une « puissance parfaite » : plus la valeur est basse, plus l’armée est classée haut.
GFP précise aussi les limites de sa grille, notamment l’absence de prise en compte des armes nucléaires et une pondération qui ne « pénalise » pas les puissances sans façade maritime.
Ces choix méthodologiques influent fortement sur les positions relatives, favorisant les pays à forte masse matérielle ou humaine, au détriment d’évaluations plus qualitatives (formation, doctrine, moral, interopérabilité, renseignement).
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Les gagnants et les perdants : tendances régionales
L’Égypte doit sa première place africaine à un rapport quantité/qualité favorable : effectifs nombreux (centaines de milliers de militaires actifs et réservistes), parc blindé conséquent, aviation fournie et force navale notable, le tout consolidé par un appareil logistique et une industrie de défense domestique partiellement développée.
Ces critères combinés expliquent son indice relativement bas (donc « bon ») dans la grille GFP et sa place dans le Top 20 mondial.
De leur côté, l’Algérie et le Nigeria conservent respectivement la 2ᵉ et la 3ᵉ place africaines, suivis par l’Afrique du Sud et l’Éthiopie. Le classement complet recense 38 États africains dans l’index principal, dont 14 ont progressé par rapport à 2025 (parmi lesquels l’Éthiopie, le Maroc, la RDC, le Soudan, la Tunisie, la Tanzanie, le Zimbabwe ou le Bénin), tandis que 17 ont reculé et 7 sont restés stables.
La progression de pays comme le Maroc et la Tunisie signale une amélioration relative de leur potentiel conventionnel : investissements, modernisation d’unités et, parfois, professionnalisation accrue des forces.
En outre, l’extension du classement aux pays du Sahel et de la Corne (Mali, Burkina Faso, Soudan, Érythrée, Somalie) montre que les capacités militaires restent un facteur central des équilibres locaux, souvent en lien direct avec des contextes de conflit ou d’instabilité.
Ce que l’indice ne révèle pas
L’indice de puissance ne rend pas compte de la qualité de la chaîne de commandement, de l’expérience au combat, de la formation des unités, ni du renseignement, autant d’éléments déterminants dans une confrontation réelle. Il ne mesure pas non plus la volonté politique d’employer la force, ni la résilience économique à long terme face à une guerre prolongée.
Par ailleurs, la dépendance à des importations d’armement ou la fragilité des lignes d’approvisionnement peuvent réduire drastiquement la « valeur opérationnelle » d’un parc matériel pourtant volumineux. Ces réserves sont d’autant plus importantes quand on compare des armées de nature, d’ambitions et de doctrines très différentes entre elles.