Économies africaines : la lourde facture des crises successives et du changement climatique

Temps de lecture :
Agriculteur africainUn agriculteur africain © Neil Palmer (CIAT)
A A A A A

30 millions d’africains ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021 et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie. Avec la guerre en Ukraine et une croissance relativement atone à 4,1% en 2022, le risque d’une nouvelle dégradation est élevé. Pour plusieurs pays, les difficultés actuelles ont été exacerbées par la saison sèche. Dans certaines régions, elles sont même fréquentes. Selon la BAD, le continent perd entre 5 % et 15 % de son produit intérieur brut à cause du changement climatique.

Les ministres des finances et les banquiers centraux africains sont repartis d’Accra où se tenaient les assemblées annuelles de la BAD quelque peu groggy par les chiffres projetés par les économistes de la Banque. La pandémie du coronavirus et maintenant les conséquences économiques de la guerre en Ukraine ont anéanti plusieurs années de progrès, notamment en matière de réduction de la pauvreté.

lire aussi : Afrique subsaharienne : dix ans perdus !

 

Extrême pauvreté

Environ 30 millions d’africains ont basculé dans l’extrême pauvreté en 2021, et environ 22 millions d’emplois ont été perdus la même année à cause de la pandémie. «Cette tendance pourrait se poursuivre au cours du second semestre de 2022 et en 2023», estime la BAD. La croissance de 4,1% anticipée pour 2022 est très faible pour revenir sur le bon sentier. Au-delà des problèmes conjoncturels qui nécessitent des financements supplémentaires de 432 milliards de dollars, d’autres menaces se précisent.

lire aussi : UA : la situation humanitaire de l’Afrique est « alarmante »

 

La menace du changement climatique

Pour plusieurs pays, les difficultés actuelles ont été exacerbées par la saison sèche. Dans certaines régions, elles sont même fréquentes. «Le continent perd entre 5 % et 15 % de son produit intérieur brut à cause du changement climatique», estiment les économistes de la BAD. L’Afrique ne représente que 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais, le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes l’affectent lourdement, avec de graves conséquences économiques, sociales et environnementales pour ses populations.

Selon les calculs de la BAD, les engagements publics des pays sur la manière dont ils prévoient de jouer un rôle dans l’action collective post-2020 sur le changement climatique, nécessitera jusqu’à 1 600 milliards de dollars entre 2022 et 2030. Or, les pays africains n’ont reçu que 18,3 milliards de dollars de financement climatique entre 2016 et 2019.

Recommandé pour vous

Mali : remaniement du gouvernement de transition et promotion de ministres d’État

Le président de la transition du Mali, Assimi Goïta, a procédé, jeudi à Bamako, à un remaniement ministériel partiel visant à réorganiser l’équipe gouvernementale en place depuis novembre 2024.

RDC : Luanda avance la date d’un cessez-le-feu avec le M23

Afrique - Luanda propose un arrêt des combats en RDC à partir du 18 février. Une initiative diplomatique qui attend l’aval de Kinshasa et du M23, alors que subsistent des incertitudes sur son articulation avec l’accord de Doha et le mécanisme de vérification régional.

RDC : l’ONU appelle à une riposte urgente face à la flambée du choléra

Les Nations unies ont lancé, mercredi, un appel pressant pour renforcer immédiatement la riposte contre l’épidémie de choléra en République démocratique du Congo (RDC), alors que la propagation de la maladie suscite de vives inquiétudes.

Zimbabwe : l’opposition dénonce un « coup d’État » constitutionnel

Au Zimbabwe, plusieurs figures de l’opposition accusent le président Emmerson Mnangagwa de vouloir orchestrer un « coup d’État constitutionnel » à travers un projet de réforme de la Constitution.

Hydrocarbures : l’Égypte mise sur une relance massive de sa production

Afrique - L’Égypte accélère la modernisation de son secteur énergétique avec de nouveaux contrats, des technologies de pointe et un plan ambitieux pour relancer ses champs pétroliers, réduire ses dettes et consolider son rôle stratégique sur le marché régional.

UMOA-Titres : les États de l’UEMOA doublent leurs levées de fonds en janvier

Le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu un démarrage d’année exceptionnel en janvier 2026.
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire