Disparition de Boualem Sansal : Macron exprime son inquiétude

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Boualem Sansal de retour en France, reçu aussitôt par Emmanuel MacronBoualem Sansal © Gallimard
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La disparition de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, suscite une vive inquiétude. Arrêté samedi à l’aéroport d’Alger alors qu’il arrivait de France, l’auteur de 75 ans n’a plus donné signe de vie depuis. Le président français Emmanuel Macron s’est dit «très préoccupé», réaffirmant son «attachement indéfectible à la liberté» de cet intellectuel majeur. Les services de l’État français sont mobilisés pour éclaircir la situation.

Cette arrestation, dont les raisons demeurent inconnues, intervient dans un contexte tendu entre la France et l’Algérie, exacerbé par le soutien de Paris au plan d’autonomie marocain pour le Sahara, opposé aux positions d’Alger.

Boualem Sansal, un écrivain controversé

Boualem Sansal, naturalisé français en 2024, est une figure de la liberté d’expression. Depuis ses débuts littéraires en 1999 avec Le Serment des barbares, il s’est imposé comme un critique virulent du pouvoir algérien et de l’intégrisme religieux. Ses ouvrages, édités en France et vendus en Algérie, ont souvent suscité la controverse. Une visite en Israël en 2014 avait particulièrement nourri les critiques à son égard dans son pays natal.

Des voix politiques françaises, principalement de droite, appellent à des mesures fermes. Édouard Philippe, ancien premier ministre, a salué l’écrivain comme un symbole de «raison, liberté et humanisme», demandant aux autorités françaises et européennes d’intervenir. Marine Le Pen et Laurent Wauquiez ont également exhorté le gouvernement à agir pour sa libération.

Lire aussi : Goncourt 2024 : Kamel Daoud sacré pour son roman «Houris»

L’affaire Sansal s’ajoute à celle de Kamel Daoud, Goncourt 2024 pour Houris, au cœur d’une polémique en Algérie. Accusé par une victime de la guerre civile d’avoir exploité son histoire, Daoud subit des campagnes diffamatoires orchestrées par des médias proches du régime algérien. Sa maison d’édition Gallimard a même été exclue du Salon international du livre d’Alger.

Dans une tribune au Figaro, Kamel Daoud a exprimé son soutien à Boualem Sansal tout en s’interrogeant sur son «imprudence» à retourner en Algérie.

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