Cuivre : la RDC inaugure la plus grande fonderie d’Afrique
En produisant ses premières anodes de cuivre pur à 99,7%, la nouvelle fonderie de Kamoa-Kakula marque une étape majeure dans l’intégration industrielle du secteur minier en République démocratique du Congo. Cette mise en production intervient dans un contexte mondial de tensions sur l’offre de cuivre et de hausse des prix, renforçant la portée stratégique de cette infrastructure annoncée depuis 2021.
Ivanhoe Mines a annoncé début 2026 que la fonderie, construite sur le site de la mine de Kamoa-Kakula, a produit ses premières anodes le 29 décembre 2025. Cette avancée industrielle est suivie de près par les marchés, le complexe figurant parmi les projets cuprifères les plus importants au monde.
Capacité record
D’un coût estimé à 700 millions de dollars, l’installation vise une capacité nominale de 500.000 tonnes de concentré par an, ce qui en ferait la plus grande fonderie de cuivre du continent africain. À terme, elle permettra de transformer sur place l’ensemble du concentré issu des trois unités de traitement du site. En phase de montée en régime, prévue jusqu’à fin 2026, les ventes de cuivre devraient dépasser la production annuelle grâce à l’écoulement de stocks antérieurs.
La fonderie produira également jusqu’à 700.000 tonnes par an d’acide sulfurique, un sous-produit essentiel pour l’industrie minière régionale. La demande pour cet intrant s’est accrue depuis l’interdiction d’exportation décidée par la Zambie en septembre 2025, et Ivanhoe Mines indique que les premières ventes ont déjà été conclues.
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Virage stratégique
Au-delà des volumes, cette mise en service illustre un virage stratégique : transformer localement le cuivre plutôt que d’exporter le concentré brut. Depuis le démarrage de Kamoa-Kakula en 2021, l’essentiel de la production était acheminé vers des fonderies hors de la RDC, tandis qu’environ 35% était traité localement. La valorisation sur site vise à réduire les coûts logistiques et à renforcer la création de valeur locale.
Cette annonce intervient alors que le marché mondial du cuivre demeure sous pression. En décembre, les cours se sont rapprochés des 13.000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange, soutenus par les anticipations de droits de douane américains et par des inquiétudes sur l’approvisionnement, notamment après un séisme ayant affecté Kamoa-Kakula en mai 2025 et conduit à une révision à la baisse des prévisions de production.
Dans ce contexte, plusieurs analystes anticipent un cycle haussier durable. Citigroup estime que le cuivre pourrait dépasser les 13.000 dollars la tonne d’ici le deuxième trimestre 2026, tandis que J.P. Morgan évoque une combinaison de stocks déséquilibrés et de perturbations de l’offre. Un environnement qui confère à la fonderie de Kamoa-Kakula un rôle stratégique accru, tant pour ses actionnaires que pour l’État congolais, actionnaire à hauteur de 20% du complexe.