Conflit Prigojine-Poutine : l’avenir incertain de Wagner en Afrique

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Conflit ouvert entre Evguéni Prigojine et Vladimir PoutineVladimir Poutine et Evgueni Prigojine © AFP
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Depuis la récente rébellion de Wagner et ses répercussions, de nombreuses questions se posent quant à l’avenir du groupe paramilitaire et de l’expansionnisme russe en Afrique. Toutefois, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tenu à apaiser les inquiétudes en assurant que Wagner continuerait ses opérations au Mali et en République centrafricaine. Selon lui, les membres de Wagner jouent un rôle d’instructeurs dans ces pays, et leur travail se poursuivra.

Lavrov a également souligné que la rébellion d’Evguéni Prigojine en Ukraine n’affectera pas les relations de la Russie avec ses alliés. D’ailleurs, de nombreux partenaires étrangers ont exprimé leur soutien au président Poutine à la suite de ces événements. Cependant, l’avenir des relations entre la Russie et les pays africains, en particulier la Centrafrique et le Mali, où Wagner est fortement présent, reste incertain.

La présence de la Russie en Afrique ne sera pas impactée

En République centrafricaine, où la présence de Wagner est essentielle, un haut responsable de la présidence a déclaré que la Russie continuerait ses opérations, avec ou sans Wagner. Il a souligné que son pays a signé un accord de défense avec la Moscou et non avec le groupe paramilitaire.

Depuis 2021, Wagner est aussi déployé au Mali, où environ 1.500 hommes sont présents. La milice s’est de plus installée dans des pays tels que la Libye, le Soudan et le Mozambique depuis son arrivée en Afrique.

Par ailleurs, bien que la Russie ne puisse se passer de Wagner, il est également vrai que Wagner dépend du soutien logistique, politique et financier du Kremlin. Ainsi, alors que l’expulsion pure et simple de Wagner n’est pas envisageable, il est probable que ses activités connaîtront une réorientation. Différents scénarios se présentent dans ce cas, dont la scission des opérations du groupe ou son absorption par le ministère russe de la Défense.

Coup d’État ou malentendu ?

De son côté, et concernant la tentative de coup d’État en Russie, Evguéni Prigojine a affirmé qu’il s’agissait d’un malentendu et d’une protestation contre la dissolution de Wagner plutôt que d’un renversement des autorités russes. Selon lui, son organisation avait initialement prévu de transférer ses véhicules au ministère de la Défense à Rostov-sur-le-Don, mais des attaques russes ont contraint le groupe à réagir et à quitter l’Ukraine. Prigojine a précisé que Wagner n’a rencontré aucune résistance en Russie et n’a pas tué de militaires russes.

De plus, le patron du groupe paramilitaire a évoqué l’ultimatum fixé au 1ᵉʳ juillet par le Kremlin et auquel il s’oppose. Il s’agit de la signature d’un contrat entre les mercenaires au côté de plusieurs volontaires d’un côté et de l’armée russe de l’autre. Le dirigeant de Wagner redoute ainsi une prise de pouvoir de l’armée sur son groupe, à travers cette ordonnance qui offre une protection juridique (soutien médical, prestations sociales…) aux combattants et à leurs familles. C’est pour cette raison qu’Evguéni Prigojine dénonce cet ultimatum et exige aux responsables des échecs de son groupe en Ukraine, à savoir le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, et le chef d’état-major, Valeri Guerassimov.

L’intervention inattendue de la Biélorussie

Il convient de préciser que la crise actuelle a aussi mis en lumière le rôle de médiateur joué par le président biélorusse, Loukachenko. Wagner et son chef seraient en cours d’installation en Biélorussie, un pays considéré comme un quasi-vassal de la Russie. Selon le patron de cette organisation, des bases militaires dédiées à 8.000 mercenaires de Wagner seraient déjà en cours de construction, alors que la Biélorussie aurait en plus promis d’ouvrir des points de recrutement pour la milice.

 

Enfin, ce qu’il faut enfin retenir, c’est bien que des incertitudes planent sur l’avenir de Wagner et de l’expansionnisme russe en Afrique, la Russie semble déterminée à poursuivre ses opérations sur le continent tout en évaluant les ajustements nécessaires pour faire face aux récentes turbulences.

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